Mysteres dans l'actualite
La science sans reponse
De nouvelles images du télescope Gemini Nord, à Hawaï, montrent que l'étrange nébuleuse Pa 30, située à environ 7 500 années-lumière, est parcourue de chaînes de nœuds de gaz qui ressemblent à des perles sur un fil. Pa 30 serait le reste d'une étoile dont l'explosion a été notée en 1181 par des observateurs japonais, chinois et arabes. C'est le seul reste connu d'un type d'explosion rare et faible appelé Iax, et son cœur endommagé, surnommé étoile zombie, brille encore au centre.
L'équipe codirigée par Ilaria Caiazzo et Tim Cunningham indique dans The Astrophysical Journal que les nœuds ont des tailles étonnamment semblables. L'étoile survivante n'a presque pas quitté le centre : l'explosion ne lui a donné quasiment aucune poussée.
Ce qui reste ouvert : pourquoi les nœuds sont si uniformes, pourquoi l'explosion paraît si symétrique et comment l'objet s'est formé. Une fusion de deux naines blanches a été proposée, sans confirmation. Des modèles numériques sont prévus.
Chaque matin, au printemps et en été dans l'hémisphère sud, une fine traînée de nuage de glace d'eau se forme à partir du volcan Arsia Mons, sur Mars, et peut s'étirer sur environ 1 800 kilomètres avant de disparaître vers midi. La sonde Mars Express de l'ESA l'observe depuis 2018, mais aucun modèle informatique ne parvenait à la reproduire.
Une nouvelle étude parue dans Nature Geoscience, dirigée par Jorge Hernández-Bernal, a enfin recréé le nuage en laissant la vapeur d'eau geler directement en glace, sans grains de poussière pour amorcer les cristaux. Ce processus, appelé nucléation homogène, avait été proposé pour la haute atmosphère de la Terre et de Vénus, mais jamais confirmé dans une atmosphère planétaire. Dans le modèle, l'air soulevé par le volcan de 20 kilomètres se refroidit d'environ 30 degrés en dix minutes.
Le hic : cela exige une humidité bien supérieure à tout ce qui a été mesuré sur Terre, et ces conditions martiennes sont déduites, pas observées. Les auteurs reconnaissent aussi que certains traits du nuage simulé ne correspondent pas encore aux images des caméras.
Un sursaut radio rapide baptisé FRB 20240304B a été rattaché à une galaxie dont la lumière est partie quand l'univers n'avait qu'environ 3 milliards d'années. Le radiotélescope MeerKAT, en Afrique du Sud, a capté l'éclair, et les résultats ont paru dans la revue Science le 8 octobre. Cela double à peu près la distance à laquelle on a pu identifier la galaxie d'origine de ces sursauts.
Les télescopes au sol n'ayant rien trouvé à cet endroit, l'équipe s'est tournée vers le télescope spatial James Webb. Celui-ci a révélé une galaxie naine pâle et grumeleuse, d'environ un pour cent de la masse stellaire de la Voie lactée, qui forme des étoiles à un rythme soutenu. Comme la plupart de ses étoiles semblent très jeunes, les auteurs jugent peu probable une fusion lente de deux étoiles à neutrons et privilégient un magnétar, une jeune étoile à neutrons très magnétisée.
L'origine réelle des sursauts radio rapides reste incertaine. Les chercheurs soulignent qu'un seul sursaut ne prouve pas que tous ont la même cause.
Un sursaut gamma détecté pour la première fois le 6 juillet 2022, baptisé GRB 220706A, semble avoir eu un moteur central resté actif pendant environ 27 jours, mesurés dans le temps propre du sursaut. C'est une vingtaine de jours de plus que le précédent détenteur du record. Le résultat provient d'une équipe dirigée par Benjamin Gompertz, de l'université de Birmingham, et a été diffusé en prépublication en septembre 2026. Il n'a pas encore été évalué par des pairs.
L'équipe a combiné les données X de Swift, NICER et Chandra avec des observations optiques, infrarouges, millimétriques et radio. Des éruptions X ont continué d'apparaître pendant environ 51 jours vus depuis la Terre, tandis que la lumière visible était bien plus faible que prévu, sans doute à cause de la poussière de la galaxie hôte.
Ce qui a alimenté le sursaut aussi longtemps reste une question ouverte. L'hypothèse privilégiée est une étoile massive en effondrement nourrissant un trou noir, mais elle pousse les modèles classiques à leurs limites. Un magnétar nouveau-né et une étoile déchirée par un trou noir ont aussi été envisagés, sans qu'aucun scénario n'explique tous les détails. Une lumière supplémentaire observée après 17 jours pourrait venir d'une supernova très brillante, ce qui reste à confirmer.
Le 4 juillet 2025, plusieurs instruments spatiaux ont capté un bref sursaut gamma, un éclair de moins d'une demi-seconde qui signale en général la collision de deux étoiles à neutrons. L'événement, catalogué EP250704a, aurait dû s'éteindre aussitôt. Or la caméra X à grand champ de la sonde chinoise Einstein Probe a continué de voir des rayons X mous venant du même point pendant près de dix minutes.
Une équipe internationale, qui publie ses résultats dans Science Bulletin, a identifié la galaxie hôte, mesuré sa distance et n'a trouvé aucune supernova, ce qui plaide pour une fusion plutôt que pour l'effondrement d'une étoile. Le scintillement rapide et le spectre changeant suggèrent que cette lumière supplémentaire provenait de l'objet laissé par la fusion, et non de l'onde de choc.
La nature de cet objet reste inconnue. Une étoile à neutrons naissante, tournant très vite et dotée d'un champ magnétique intense, est une candidate plausible, mais non confirmée. L'équipe soupçonne aussi que les missions précédentes, aveugles à cette lumière de faible énergie, ont manqué cette phase dans bien d'autres sursauts.
En 1999, le télescope spatial Hubble a enregistré le spectre d'une naine blanche nommée HS 0209+0832 et y a relevé une centaine de signatures chimiques que personne ne savait identifier. Pendant plus de vingt ans, ces données sont restées dans les archives comme une énigme.
Une équipe dirigée par Jamie Williams, de l'université de Warwick, a désormais attribué beaucoup de ces raies au niobium, un élément lourd jamais signalé auparavant dans une naine blanche. Des données plus anciennes de la mission FUSE de la NASA montrent la même signature, et quatre mois d'observation par TESS ont révélé un scintillement régulier de l'étoile. Dans Nature Astronomy, les chercheurs proposent une planète de la taille de Jupiter, formée à partir de la matière éjectée par l'étoile mourante, qui tourne très près et perd son atmosphère.
La planète n'a pas été observée directement. Son existence est déduite de la chimie et des variations de lumière, et la formation de ces mondes de seconde génération, comme leur fréquence, reste une question ouverte.
Le télescope spatial James Webb a trouvé de solides indices que HD 3167 b, une planète rocheuse située à environ 154 années-lumière dans la constellation des Poissons, possède encore une atmosphère. La planète fait le tour de son étoile en à peu près un jour terrestre, si près que sa surface serait en partie fondue.
Ce résultat va à l'encontre des attentes. Les planètes aussi proches de leur étoile subissent un vent stellaire violent et un rayonnement très énergétique, qui devraient arracher tout gaz avec le temps. L'équipe de Brandon Park Coy et Edwin Kite, de l'Université de Chicago, a publié la découverte le 7 octobre dans The Astrophysical Journal Letters.
La composition de cette atmosphère reste incertaine. On attendait une vapeur ténue de roche évaporée, mais les données suggèrent plutôt des gaz plus lourds, comme le dioxyde de carbone, le monoxyde de carbone ou l'eau. Comment la planète conserve cette enveloppe et d'où vient le gaz reste une question ouverte. C'est le monde de lave le plus froid connu présentant des signes d'atmosphère.
Un signal radio à bande étroite capté par le télescope chinois FAST en direction de K2-155 d, une super-Terre située à environ 238 années-lumière, est décrit dans un article paru le 27 août dans The Astronomical Journal. Le signal se trouve vers 1148,4 mégahertz. Il avait été enregistré dès 2021, mais n'a été repéré que cette année, lorsqu'une nouvelle recherche fondée sur l'apprentissage automatique a réexaminé les données archivées.
Sur le papier, il a franchi plusieurs des premiers tests utilisés dans la recherche de technosignatures. Il était très étroit en fréquence, ce que les sources naturelles produisent rarement, sa fréquence dérivait d'une manière compatible avec le mouvement d'une planète, et il semblait provenir d'un seul point du ciel.
Les chercheurs eux-mêmes penchent pour une interférence d'origine humaine. Le signal n'apparaissait que dans un seul canal de polarisation, et des signaux semblables ont été relevés près de trois autres étoiles à des fréquences proches. Des experts extérieurs jugent aussi une origine terrestre plus probable. Sa source précise n'a toutefois pas été identifiée.
En 2020, des chercheurs ont signalé que la polarisation du fond diffus cosmologique, la plus ancienne lumière de l'univers, semblait tournée d'un angle minuscule. Le modèle standard de la cosmologie ne prévoit aucune rotation de ce genre. L'effet, appelé biréfringence cosmique, était faible, et beaucoup soupçonnaient un problème d'étalonnage des instruments.
Une nouvelle étude d'Anto Lonappan, Brian Keating et Kam Arnold, parue dans The Astrophysical Journal Letters, a réexaminé huit cartes de polarisation distinctes issues du satellite Planck. La logique est simple : un véritable effet cosmique devrait produire le même décalage dans chaque jeu de données, alors qu'un biais instrumental varierait d'une carte à l'autre. L'équipe a constaté que le décalage se comporte comme un authentique signal venu du ciel.
Le résultat n'est pas encore concluant sur le plan statistique, et les auteurs réclament de nouvelles observations. S'il se confirme, quelque chose d'inconnu tord la lumière à travers tout le cosmos, peut-être des particules non découvertes liées à la matière noire. Pour l'instant, personne ne sait ce qui en est la cause.
La doline du Mammoth Site, à Hot Springs dans le Dakota du Sud, d'où plus de 60 mammouths colombiens ont été extraits depuis 1974, était depuis longtemps datée d'environ 26 000 ans. Une étude parue dans Quaternary Research situe désormais la mort des animaux entre environ 160 000 et 232 000 ans.
L'ancien âge reposait sur la datation au radiocarbone du minéral osseux, mais l'équipe dirigée par Shannon Mahan, de l'Institut d'études géologiques des États-Unis, a constaté que l'eau souterraine peut remplacer le carbone de l'os et remettre ce signal à zéro. Les chercheurs ont donc utilisé la datation par luminescence de grains de feldspath du sable environnant, et deux laboratoires distincts ont obtenu des résultats concordants.
Un échantillon du centre de la doline ressort obstinément environ 40 000 ans plus jeune que les autres, et aucune explication unique ne convient encore. L'équipe veut une datation uranium-thorium avant de redessiner la vie de l'ère glaciaire dans les Black Hills.
Une équipe qui étudiait des données orbitales a repéré un corps rocheux dense et fortement magnétisé, caché sous la région de Dewar, sur la face cachée de la Lune. Il mesure environ 60 kilomètres de large et descend à près de 9 kilomètres sous la surface. L'étude, publiée le 23 septembre dans Science Advances, a combiné les cartes gravimétriques de la mission GRAIL de la NASA avec les mesures magnétiques de la sonde japonaise Kaguya et de Lunar Prospector.
Les chercheurs y voient un ancien complexe volcanique dont le magma s'est refroidi sous terre il y a environ 4,2 milliards d'années, figeant le champ magnétique de l'époque. Selon leur estimation, ce champ atteignait entre un cinquième et un tiers de l'intensité du champ terrestre actuel.
Reste inexpliqué le point central: comment un astre aussi petit que la Lune a-t-il pu produire un tel champ? La question est débattue depuis les années 1970, quand les roches d'Apollo ont révélé des traces magnétiques, et certaines analyses récentes doutaient même de l'existence d'une dynamo lunaire précoce. Le nouveau résultat va dans son sens, mais le mécanisme demeure inconnu.
Les images du télescope spatial Euclid ont révélé un système stellaire extrêmement pâle, baptisé Fornax-7, situé à environ 9 100 années-lumière du centre de la galaxie naine Fornax. Il ne contient qu'environ 170 masses solaires d'étoiles, et ces étoiles ont près de 10 milliards d'années.
Si Fornax-7 tourne réellement autour de Fornax, ce serait un satellite de satellite, puisque Fornax elle-même orbite autour de la Voie lactée. La limite connue à partir de laquelle les galaxies se forment de petits compagnons descendrait alors bien plus bas que tous les cas recensés.
Le problème est que personne ne sait encore ce qu'est cet objet. L'équipe envisage trois possibilités: un amas d'étoiles sans matière noire, une minuscule galaxie dominée par la matière noire, ou un objet du halo de la Voie lactée sans lien avec Fornax, aligné avec elle par hasard. Pour trancher, il faudra mesurer par spectroscopie la vitesse de ses étoiles, ce qui pourrait exiger selon les auteurs la prochaine génération de télescopes. L'étude a été déposée sur arXiv et n'a pas encore été relue par des pairs.
Des astronomes de l'Université de Genève rapportent que GJ 3090 b, une sous-Neptune située à environ 73 années-lumière dans la constellation du Phénix, orbite autour de sa naine rouge dans le sens opposé à la rotation de l'étoile. La planète est environ 2,2 fois plus large que la Terre, environ 4,5 fois plus massive, et boucle une orbite en un peu moins de trois jours.
L'équipe a suivi cinq transits avec un télescope de 3,6 mètres de l'ESO au Chili et mesuré comment la planète masque différentes zones de l'étoile en rotation. Le résultat indique une inclinaison d'environ 136 degrés, soit une orbite nettement rétrograde. L'étude paraît dans Astronomy & Astrophysics.
Ce qui reste inexpliqué, c'est l'origine de cette orbite. Les trajectoires inversées sont en général attribuées à une planète compagne massive ou à une seconde étoile, mais aucun perturbateur de ce type n'est connu ici. Les chercheurs avancent une autre piste : un second disque de gaz capturé dans le milieu interstellaire, tournant en sens inverse, où la planète aurait pu se former. C'est une hypothèse, pas un mécanisme confirmé.
Grâce à l'instrument MUSE du Very Large Telescope de l'ESO, des astronomes ont cartographié un front de choc courbe d'hydrogène, d'azote et d'oxygène lumineux autour de RXJ0528+2838, une naine blanche située à environ 730 années-lumière, en orbite autour d'une compagne semblable au Soleil. L'étude, menée par Simone Scaringi, de l'université de Durham, et Krystian Ilkiewicz, de Varsovie, paraît dans Nature Astronomy.
Un tel choc d'étrave se forme lorsque de la matière s'échappe d'une étoile et percute le gaz environnant. Dans les binaires serrées, ce flux provient en général d'un disque de matière tournant autour de la naine blanche, mais ce système n'en possède pas. L'équipe suppose que le puissant champ magnétique de l'étoile guide le gaz directement vers sa surface et en éjecte une partie.
Le compte n'y est pourtant pas. Selon les chercheurs, le magnétisme seul ne pourrait entretenir la structure que quelques siècles, alors que le choc existe depuis au moins 1 000 ans. Ils qualifient la source d'énergie manquante de moteur inconnu, qui reste à identifier.
Une équipe utilisant le télescope spatial James Webb a mesuré l'atmosphère de HATS-6 b, une planète d'environ la taille de Jupiter qui tourne autour d'une petite naine rouge froide. Les résultats, publiés dans The Astronomical Journal, révèlent de l'eau, du méthane, du dioxyde de carbone et de l'ammoniac. C'est seulement la deuxième fois que l'ammoniac est détecté sur une planète hors du système solaire.
La plus grande surprise concerne la température. Les modèles prévoyaient environ 425 degrés Celsius, mais les mesures indiquent plutôt 120 degrés. L'équipe, dirigée par une doctorante de l'université du Maryland dans le cadre d'un programme Webb consacré aux géantes autour des naines rouges, suppose que des nuages d'altitude ou une brume renvoient une grande partie de la lumière de l'étoile.
Cette explication n'est pas confirmée. L'écart soulève aussi une question plus large: si la température peut être aussi mal estimée, les relevés atmosphériques d'autres planètes autour de petites étoiles actives pourraient être moins fiables qu'on ne le pensait. Reste aussi à comprendre comment une planète aussi massive a pu se former autour d'une étoile censée disposer de trop peu de matière.
En travaillant ensemble, les télescopes spatiaux Hubble et James Webb ont découvert 27 objets jusque-là inconnus qui tournent autour du Soleil au-delà de Neptune. Tous mesurent moins d'environ 40 kilomètres de diamètre, le plus petit environ 10 kilomètres. Les résultats ont paru début septembre dans deux articles de The Astronomical Journal.
Les modèles prévoyaient que des corps aussi petits auraient subi des collisions pendant des milliards d'années, ce qui aurait brassé leur surface et modifié leur couleur par rapport aux objets plus grands. L'équipe, menée par des doctorantes de la Northern Arizona University et de l'Université de Victoria, a constaté l'inverse. Les petits objets ont les mêmes couleurs que leurs grands cousins et semblent conserver la chimie de leur lieu de naissance. Même ceux projetés il y a longtemps sur des orbites allongées et inclinées gardent cette signature.
Pourquoi cela reste inexpliqué : soit les collisions sont bien plus rares dans le Système solaire externe que ne le suggèrent les estimations de population, soit les impacts ont lieu mais, pour une raison inconnue, ne transforment pas ces surfaces. Aucune option ne cadre bien avec les modèles actuels, et les chercheurs réclament d'autres observations.
Le 23 novembre 2023, les deux détecteurs LIGO aux États-Unis ont enregistré des ondes gravitationnelles issues de la collision de deux trous noirs, à environ 2 milliards d'années-lumière. L'événement, baptisé GW231123, a aussitôt intrigué : les analyses standard donnaient des masses d'environ 137 et 101 fois celle du Soleil, avec des rotations proches du maximum possible. Selon les modèles stellaires, des étoiles ordinaires ne devraient pas s'effondrer en trous noirs de cette masse, d'où le qualificatif d'impossible.
Des études récentes proposent une autre lecture. Si les ondes ont été déviées et amplifiées par un objet situé entre nous et la source, la fusion aurait pu être bien plus petite et banale. L'ajustement désigne une lentille compacte d'environ mille masses solaires.
Un mystère en remplace donc un autre. Personne ne sait ce que serait cette lentille : un rare trou noir de masse intermédiaire, ou un amas de matière noire plus dense que ne l'autorise la théorie standard. Les preuves statistiques restent insuffisantes pour conclure.
Un nuage d'hydrogène proche de la galaxie spirale M94, à environ 15 millions d'années-lumière, a passé son test le plus exigeant en tant que galaxie possible n'ayant jamais formé d'étoiles. L'objet, baptisé Cloud-9, renferme environ un million de masses solaires de gaz.
Une équipe dirigée par Ignacio Trujillo, de l'Institut d'astrophysique des Canaries, l'a observé pendant deux nuits en juin 2026 avec la caméra HiPERCAM du Gran Telescopio Canarias, l'un des plus grands télescopes optiques du monde, dans cinq filtres simultanément. Aucune lumière stellaire n'a été détectée au centre. Si des étoiles s'y trouvent, leur masse totale reste inférieure à environ 16 000 masses solaires, si bien que le gaz les dépasse au moins soixante fois. Les résultats ont été publiés en prépublication en août.
Les modèles de l'univers primitif prévoient de telles galaxies sombres sans étoiles, mais aucune n'a été confirmée. Les chercheurs ne peuvent pas encore exclure que Cloud-9 soit un débris de marée ou un nuage de gaz de passage, et la raison pour laquelle il ne s'est jamais allumé reste ouverte.
Des astronomes travaillant avec le télescope spatial Hubble ont confirmé la présence d'une structure atmosphérique à dix côtés autour du pôle sud de Saturne. Les résultats ont paru dans Science Advances le 4 septembre 2026, signés par une équipe dirigée par Agustín Sánchez-Lavega, de l'Université du Pays basque, avec des collègues du centre Goddard de la NASA et de l'Université de Californie à Berkeley.
Saturne est connue depuis des décennies pour l'hexagone de son pôle nord, photographié par les sondes Voyager dans les années 1980 et resté stable depuis. La figure australe se comporte autrement. Les images de Hubble depuis 2023 n'en montrent que de faibles indices, et des observateurs amateurs en ont relevé des traces en 2024. En 2025, les dix côtés étaient nettement dessinés, et la structure semble se renforcer plutôt que s'effacer.
Les chercheurs la décrivent comme une onde portée par un courant-jet polaire et traversant plusieurs couches atmosphériques. Ce qu'ils ne savent pas dire, c'est pourquoi elle est apparue maintenant, ce qui l'entretient, ni si elle se fixera comme celle du nord.
Une nouvelle étude publiée dans Nature Astronomy par les planétologues Paolo Sossi et Dan Bower, de l'ETH Zurich, conclut que la Terre s'est assemblée presque entièrement à partir de matériaux formés à l'intérieur de l'orbite de Jupiter. Les estimations antérieures attribuaient entre 6 et 40 pour cent de la planète au système solaire externe, plus froid.
L'équipe a comparé la composition de la Terre à celle de météorites, notamment des échantillons de Mars et de l'astéroïde Vesta, en utilisant dix systèmes isotopiques au lieu des deux employés dans la plupart des travaux précédents. Selon le résultat, la part venue d'au-delà de Jupiter représente moins de 2 pour cent de la masse terrestre, et peut-être rien du tout. La gravité du jeune Jupiter aurait joué le rôle de barrière entre les deux régions du disque.
La découverte pose un nouveau problème: si les matériaux riches en eau venus d'au-delà de Jupiter ont à peine atteint la Terre, on ne sait pas d'où viennent les océans. Le système solaire interne était chaud et sec, et les chercheurs estiment que l'origine de l'eau terrestre demande désormais une nouvelle explication.
Des physiciens du National Institute of Standards and Technology (NIST) américain ont publié le résultat d'une décennie d'efforts pour mesurer la constante gravitationnelle de Newton, dite grand G. Pour éviter tout biais, un chercheur a caché un décalage secret dans les données de masse et scellé la correction dans une enveloppe, si bien que l'analyste n'a jamais connu la vraie réponse pendant son travail.
À l'ouverture de l'enveloppe, l'équipe a obtenu une valeur d'environ 6,67387 x 10^-11 en unités standard. C'est environ 0,0235 pour cent de moins qu'une mesure de 2007 réalisée au Bureau international des poids et mesures, en France, avec une méthode très proche. Les travaux paraissent dans la revue Metrologia.
Le grand G est la constante fondamentale la moins bien connue, et les laboratoires de pointe divergent depuis des décennies bien au-delà de leurs marges d'erreur annoncées. Personne ne sait encore si l'écart provient d'erreurs subtiles et cachées ou s'il signale une lacune de la physique. Le nouveau résultat ne tranche pas la question : il confirme que le désaccord est réel et persistant.
Des astronomes ont utilisé le réseau ALMA, au Chili, pour mesurer le gaz qui s'échappe de 3I/ATLAS, le troisième objet interstellaire confirmé à traverser le système solaire. Une équipe dirigée par Nathan Roth, de l'American University, a rapporté le 9 septembre dans The Astrophysical Journal Letters que la chevelure de la comète est inhabituellement riche en méthanol. Rapportés au cyanure d'hydrogène, les taux mesurés avoisinent 70 et 120, ce qui place le visiteur parmi les comètes les plus riches en méthanol jamais enregistrées.
Les comètes sont les restes gelés du système qui les a formées, et la chimie de leur glace est donc traitée comme une empreinte de ce lieu de naissance. Des travaux antérieurs avec le télescope James Webb avaient déjà signalé une signature étrange de dioxyde de carbone et une eau différente de celle des comètes locales.
L'origine de ce déséquilibre n'est pas établie. Elle pourrait tenir à des glaces formées à plus basse température, ou à une région stellaire baignée par un autre rayonnement. L'objet s'efface déjà, si bien que les mesures déjà prises pourraient rester les seules.
Depuis près d'un siècle, les astronomes observent des bandes sombres qui traversent Vénus en lumière ultraviolette. Quelque chose mêlé aux nuages d'acide sulfurique de la planète absorbe cette lumière, mais personne n'a réussi à l'identifier. Les scientifiques l'appellent simplement l'absorbeur inconnu, et il capte une part importante de la lumière solaire reçue par Vénus.
Une étude publiée ce mois-ci dans Astrobiology, dirigée par Jan Spacek de la Foundation for Applied Molecular Evolution avec des collègues de Corée du Sud, du Royaume-Uni et de Pologne, a abordé le problème autrement. Au lieu de deviner la substance, l'équipe a combiné des observations existantes de Vénus avec des modèles de diffusion de la lumière pour calculer à quel point les gouttelettes des nuages doivent être sombres. Réponse : très sombres. La substance doit absorber la lumière avec une efficacité extrême, être très concentrée, ou les deux.
Beaucoup de candidats inorganiques n'atteignent pas ce seuil. Des molécules carbonées fortement absorbantes le pourraient, selon les auteurs, qui soulignent qu'organique ne veut pas dire biologique. L'identité de l'absorbeur reste ouverte, et de futures sondes comme DAVINCI de la NASA seront peut-être nécessaires pour trancher.
Chariclo, un petit corps glacé d'environ 250 kilomètres de large qui orbite autour du Soleil à quelque 17 fois la distance de la Terre, a été le premier petit objet autour duquel on a découvert des anneaux. Une nouvelle étude parue dans Science Advances, dirigée par Pablo Santos-Sanz de l'Institut d'astrophysique d'Andalousie (IAA-CSIC), indique que ces anneaux semblent avoir changé en quelques années seulement.
L'équipe a utilisé le télescope spatial James Webb pour observer le passage de Chariclo devant une étoile le 18 octobre 2022 et a mesuré la part de lumière bloquée par chaque anneau. Par rapport aux observations de la décennie précédente, l'anneau intérieur paraît désormais nettement plus opaque, et l'anneau extérieur plus ténu.
Selon les chercheurs, la cause n'est pas établie. Il peut s'agir d'une évolution réelle de la matière des anneaux, d'un effet des filtres différents utilisés lors des observations antérieures, ou des deux. Si le changement est réel, les anneaux des petits corps lointains sont bien plus dynamiques qu'on ne le pensait, et aucun mécanisme n'a encore été confirmé pour l'expliquer.
Une source radio compacte situee dans notre propre galaxie se comporte d'une maniere qu'aucune classe connue d'objet n'explique. Cataloguee sous le nom VT J1906+0849, elle a ete reperee dans le releve du ciel du Very Large Array en octobre 2017, et des donnees d'archives d'un releve de 2005 ont montre qu'elle etait deja presente. En une vingtaine d'annees, elle est devenue au moins six fois plus brillante, a culmine vers 200 millijansky autour de 2014, puis s'est affaiblie avant de se rallumer fin 2025.
Une equipe dirigee par Jessie M. Miller, du Caltech, a combine les donnees du releve avec des observations du Very Long Baseline Array de 2010, 2022 et 2025, ainsi qu'avec des pointages du telescope a rayons X Swift. Le telescope n'a absolument rien vu, et c'est precisement ce qui ne colle pas: la plupart des objets capables d'une telle emission radio sont aussi bruyants en rayons X.
L'explication privilegiee est un objet compact, trou noir ou etoile a neutrons, qui attire de la matiere et lance des jets, un vent dense du disque masquant les rayons X. Ce serait alors un cousin du systeme extreme SS 433. Le regain d'eclat reste inexplique.
Depuis 2009, le télescope spatial Fermi de la NASA enregistre, en provenance du centre de la Voie lactée, plus de rayons gamma que les sources connues ne peuvent en produire. Les astronomes parlent d'excès du centre galactique. Pendant des années, l'explication privilégiée a été une population cachée de pulsars millisecondes, des étoiles mortes tournant très vite et trop faibles pour être vues une à une.
Une équipe dirigée par Florian List, de l'université de Vienne, a réexaminé le signal dans la revue Physical Review Letters. Grâce à un apprentissage automatique entraîné sur plus d'un million de photons simulés, les chercheurs ont analysé ensemble la position et l'énergie des rayons gamma. Le résultat gêne l'hypothèse des pulsars : il faudrait plus de 35 000 sources ponctuelles, bien au-delà des centaines ou quelques milliers prévus par les modèles.
Les auteurs insistent : ils n'ont pas trouvé de matière noire. Ils concluent seulement qu'on ne peut pas encore exclure des particules de matière noire s'annihilant entre elles. La région centrale encombrée, le trou noir supermassif Sagittarius A* et des populations d'étoiles denses restent des contributeurs possibles, et la véritable origine de l'excès demeure inconnue.
Un pulsar qui paraissait tranquille depuis une decennie a produit trois accelerations brutales de sa rotation, selon une equipe dirigee par Zhaoyi Wang, de l'universite de Xiamen. L'objet, PSR J1637-4642, a ete suivi par le radiotelescope Murriyang, en Australie, pendant 15,5 ans, de fevrier 2009 a octobre 2024.
Les pulsars sont des restes stellaires denses qui tournent avec la regularite d'une horloge, si bien que tout saut brusque de la frequence de rotation se repere aussitot. Le premier episode, vers 2018, a releve cette frequence d'environ 17,54 microhertz, soit une variation relative de 2,7 millioniemes. Le deuxieme est survenu trois ans plus tard, autour de 14 nanohertz, et le troisieme 2,7 ans apres, autour de 179 nanohertz.
Personne ne sait ce qui declenche ces sauts. L'explication privilegiee evoque un transfert soudain de moment cinetique d'un superfluide interne vers la croute solide, mais les auteurs ecrivent sans detour que la cause exacte demeure inconnue. L'article a ete accepte par Astrophysical Journal Letters.
Les physiciens de l'experience LUX-ZEPLIN, un detecteur au xenon installe a pres d'un kilometre et demi sous terre dans la Sanford Underground Research Facility, dans le Dakota du Sud, signalent une interaction de particule unique qu'ils ne parviennent pas a expliquer. L'evenement a depose bien plus d'energie qu'une collision ordinaire de matiere noire avec un atome de xenon ne devrait en produire. L'equipe estime a environ 0,5 pour cent la probabilite qu'il provienne d'une source connue.
Le physicien Eric Dahl, de la Northwestern University, le decrit comme l'evenement isole le plus interessant qu'il ait vu en vingt ans de recherche sur la matiere noire. Une lecture possible est une particule massive a interaction faible, d'une masse au moins 200 fois celle du proton. L'autre est nettement plus banale: une desintegration radioactive dans les materiaux du detecteur, ou une chaine du radon mal modelisee.
Rien n'est tranche. Le resultat ne couvre qu'un quart des donnees prevues, et un seul evenement ne prouve pas grand-chose. L'article a ete soumis a Physical Review Letters.
Des astronomes qui dépouillaient les données d'archives librement accessibles de l'observatoire à rayons X Chandra, de la NASA, en ont tiré 84 objets qui ne correspondent à aucune catégorie connue. L'équipe, dirigée par Mustafa Muhibullah, de l'université d'Alabama, les appelle sources X hypermolles. Les résultats ont paru dans Nature Astronomy le 9 septembre 2026.
Ces sources se trouvent dans six galaxies, dont Andromède, la galaxie du Moulinet et quatre systèmes elliptiques. Ce qui les distingue, c'est la forme de leur émission. Leurs rayons X sont d'une énergie si basse que les chaînes de traitement habituelles, qui cherchent rarement en dessous d'un demi kiloélectronvolt, les ont ignorées pendant un quart de siècle. A côté de cette faible lueur, elles dégageraient un rayonnement ultraviolet très intense.
Les chercheurs estiment que ces objets pourraient toucher à deux questions ouvertes: quels systèmes stellaires produisent les supernovae de type Ia, et qui arrache des électrons au gaz entre les étoiles. Ce que sont réellement ces sources reste indéterminé.
Le radiotélescope chinois FAST, dont l'ouverture atteint 500 mètres, a repéré deux vastes nuages d'hydrogène neutre en périphérie de la galaxie du Tourbillon, M51. Ces nuages, désignés Cloud N et Cloud S, ont été détectés lors d'observations à la longueur d'onde radio de 21 centimètres. Chacun contient de l'hydrogène équivalent à environ trois millions de masses solaires, sans montrer la moindre lumière stellaire.
L'équipe, dirigée par Qingze Chen, des Observatoires astronomiques nationaux de l'Académie chinoise des sciences, situe les nuages entre 228 000 et 293 000 années-lumière du centre de M51. La masse totale estimée de leur halo atteint des milliards de masses solaires. Les résultats ont paru dans la revue Astronomy and Astrophysics.
La nature réelle de ces nuages reste ouverte. Une lecture y voit des halos sombres qui ne sont jamais parvenus à former des étoiles, donc de rares témoins de l'univers jeune. L'autre est plus banale: du gaz arraché à M51 lors de rencontres passées avec ses voisines. Les auteurs n'écartent aucune hypothèse et réclament des cartes radio plus fines.
Le 12 aout 2026, la revue Nature a publie l'identification d'un objet sans equivalent dans les catalogues, que ses auteurs appellent une etoile a trou noir. Baptise MoM-BH*-1, il a ete detecte par le telescope spatial James Webb dans une lumiere partie de sa source quelques centaines de millions d'annees apres le Big Bang.
Son spectre est etrange. La lumiere s'interrompt brutalement sous une certaine longueur d'onde, un saut de Balmer profond, et l'objet ne contient presque rien d'autre que de l'hydrogene et de l'helium. L'equipe, dirigee par Rohan Naidu au MIT, decrit un trou noir d'environ cent mille masses solaires enfoui dans un cocon dense d'hydrogene. Ce cocon brille comme une unique etoile enorme, large a peu pres comme le systeme solaire.
La signification reste ouverte. Webb a repere des centaines d'objets rouges et faibles a des distances comparables, et les chercheurs ne s'accordent pas sur le fait qu'ils abritent tous la meme structure. Comment un trou noir de cette masse a pu se former si tot n'a pas non plus de reponse admise.
Des chercheurs qui ont analysé les enregistrements sismiques de l'atterrisseur InSight de la NASA décrivent une limite de composition située à environ 24 kilomètres sous la surface martienne. La roche au-dessus est plus riche en silice, celle du dessous est dominée par le fer et le magnésium. Le travail, mené par l'université d'Oxford avec des collègues de Bristol, a paru dans la revue Nature Astronomy.
Ce motif apparaît lorsque la roche fondue s'accumule en profondeur, refroidit lentement et se sépare en couches. Sur Terre, le processus est lié au mouvement des plaques. Mars n'a pas de plaques mobiles, et la stratification pourrait s'étendre sur des centaines voire des milliers de kilomètres sous l'hémisphère nord.
Ce qui a alimenté ce système reste sans réponse. Mars a longtemps été décrite comme une planète à couvercle rigide dont les volcans puisaient dans des réservoirs peu profonds. Si un tel corps peut bâtir un réseau interconnecté de cette ampleur, l'explication habituelle de la formation des croûtes rocheuses est incomplète. On ignore aussi si une partie de ce système conserve de la chaleur aujourd'hui.
Disparitions et enquetes ouvertes
Le 2 octobre 1982, deux pêcheurs ont découvert, dans un lac sans nom au nord de la route 301, près de l'autoroute I-4 à Tampa, en Floride, le corps d'un homme flottant face contre l'eau. Il était nu et ne portait aucun papier. La cause du décès a été notée comme une noyade, et le dossier est resté ouvert plus de quarante ans sous le numéro UP214 de la base nationale. Des examens antérieurs avaient relevé plusieurs fractures consolidées et du matériel chirurgical, sans qu'un nom émerge.
Les restes ont ensuite été exhumés par le bureau du shérif du comté de Hillsborough, le médecin légiste du comté et l'Université de Floride du Sud. En 2024, des éléments ont été envoyés au laboratoire Othram, au Texas, qui a établi un profil génétique et mené une recherche généalogique. Les pistes ont mené à des proches, et l'homme a été identifié comme Robert William Hart. L'annonce a été faite le 6 octobre 2026.
Le communiqué ne précise ni son âge, ni le lieu où il a été vu pour la dernière fois, ni comment il s'est retrouvé dans le lac. Ces questions restent sans réponse.
Le 29 septembre 1999, le corps très décomposé d'une femme a été découvert à bord d'un bateau de croisière abandonné qui dérivait dans la baie de Sigsby, près de Rat Key, au large de Key West, en Floride. Les enquêteurs y avaient été guidés par un appel anonyme d'un homme se présentant comme son compagnon, qui affirmait qu'elle était suicidaire. Les empreintes digitales n'ont rien donné et, pendant 27 ans, elle n'a été connue que sous le surnom de "Cinnamon".
Ce mois-ci, Othram a annoncé que le bureau du shérif du comté de Monroe et la police d'État de Floride l'ont identifiée : il s'agit de Cumie Doylene McCutcheon. Othram a établi un profil ADN par séquençage du génome, et les généalogistes de l'État ont retrouvé des proches.
Sa mort serait liée à une possible overdose d'amphétamines et d'alcool, le suicide ayant été envisagé. Restent sans réponse publique : l'identité de l'auteur de l'appel anonyme, la vérification de son récit et la raison de sa présence seule sur un bateau abandonné.
En avril 1982, une femme a été retrouvée morte sur la rive de la rivière Black Warrior, dans la localité de Fosters, comté de Tuscaloosa, en Alabama. Sa mort était violente et, 44 ans plus tard, personne ne sait qui elle était. Les enquêteurs ont indiqué le 7 octobre que de nouveaux éléments du dossier sont en cours d'analyse.
L'affaire est inhabituelle, car les preuves étaient nombreuses dès le départ. Le corps a été découvert peu après le décès, et la police disposait de photos en couleur, d'empreintes digitales, d'un dossier dentaire et de ses vêtements. Pourtant, personne ne s'est manifesté. L'autopsie a montré qu'elle avait accouché, elle pourrait donc avoir des proches encore en vie. Les enquêteurs pensent qu'elle n'était probablement pas de la région. Ses restes ont été exhumés pour chercher d'autres indices, et une reconstitution faciale réalisée en 2023 par le laboratoire FACES de l'Université d'État de Louisiane a suscité des signalements, sans percée.
L'unité des crimes violents de Tuscaloosa espère que la généalogie génétique lui rendra enfin un nom. Les preuves de 1982 n'ayant pas été conservées en vue d'analyses ADN, rien n'est garanti.
La police d'État de Pennsylvanie a identifié une jeune femme dont le corps avait été découvert le 8 avril 1986 dans un bois longeant l'autoroute Interstate 81, à Kline Township, dans le comté de Schuylkill. Il s'agit de Gladys T. Johnson, de Washington, surnommée Tinker par sa famille. Elle avait 18 ans lorsqu'elle a quitté son domicile en mars 1986 pour fêter son anniversaire, et elle n'est jamais revenue.
Un cycliste qui longeait une voie ferrée voisine a trouvé le corps. Elle ne portait qu'une bague d'amitié en argent. L'autopsie n'a relevé aucune trace de violence et a attribué le décès aux effets de la cocaïne, mais la nature de la mort est restée indéterminée. Elle a été inhumée sans nom la même année.
Les restes ont été exhumés en 2024 et un travail de généalogie génétique a commencé en 2025. Une reconstitution faciale diffusée par le Centre national pour les enfants disparus et exploités a poussé une parente à se manifester en juin 2026, et la police a confirmé l'identité en octobre.
On ignore toujours comment Johnson s'est retrouvée dans le comté de Schuylkill et avec qui elle a passé ses dernières semaines. La police demande à toute personne l'ayant connue de contacter le poste de Frackville.
Le 14 février 2008, le corps d'un homme a été découvert flottant dans la rivière Alafia, à Riverview, en Floride. Son visage était reconnaissable, et pourtant le service de médecine légale du comté de Hillsborough n'a pas réussi à savoir qui il était. Pendant 18 ans, il est resté inscrit dans la base nationale NamUs sous le seul nom de John Doe de Riverview.
Le service a envoyé des échantillons au laboratoire texan Othram, qui a établi un profil ADN détaillé et l'a comparé à des bases de données généalogiques. Les pistes ont conduit les enquêteurs vers des parents possibles, et les analyses ont confirmé son identité : George Hayward Coy Jr., né en février 1962. Le travail a été financé par une loi de Floride consacrée aux tests génétiques dans les affaires non résolues ; c'est la 70e identification annoncée en Floride avec l'aide d'Othram.
L'annonce du 6 octobre 2026 laisse des questions ouvertes. Elle ne dit pas comment Coy s'est retrouvé dans la rivière, de quoi il est mort, ni pourquoi personne ne l'a rattaché si longtemps à un signalement de disparition.
Le 3 janvier 2005, le corps d'un homme a été repêché dans le canal Illinois-Michigan à Summit, une banlieue au sud-ouest de Chicago. Le médecin légiste du comté de Cook a conclu à une noyade, mais plus de vingt ans plus tard, on ignore toujours qui il était et comment il s'est retrouvé dans l'eau.
Les enquêteurs le décrivent comme un homme de 50 à 65 ans, mesurant environ 1,75 mètre, aux cheveux grisonnants et portant une moustache. La société Moxxy Forensic Investigations a rouvert le dossier grâce à la généalogie génétique d'enquête, en comparant son ADN à des bases généalogiques. Les premiers résultats évoquent une ascendance d'Asie occidentale ou de Méditerranée orientale et de possibles liens avec le nord ou le nord-ouest de Chicago, des résultats encore préliminaires.
Un obstacle tient à la faible présence de certaines communautés dans les bases génétiques, ce qui complique la recherche de parents. Toute personne se souvenant d'un homme disparu à cette époque est invitée à se manifester, même avec un surnom, un emploi ou une ancienne adresse.
Des restes squelettiques découverts le 1er septembre 1983 au bord de l'autoroute 36, dans une zone rurale du comté de Hamilton, au Texas, ont été identifiés comme ceux de Betty Jo Norris, alors âgée de 44 ans. Elle avait été tuée d'une seule balle dans la tête. Pendant 43 ans, cette femme est restée sans nom.
L'identification a été rendue possible par des analyses ADN avancées, financées par un programme fédéral d'examen des preuves. BODE Technologies a mené une recherche de généalogie génétique qui a conduit à des proches dans les comtés de Brazos et de Bell. Les enquêteurs ont ensuite retrouvé son fils à Belton, dont l'échantillon ADN a confirmé la correspondance en août 2026. Les Texas Rangers et le bureau du shérif l'ont annoncé le 5 octobre.
Le nom ne répond qu'à la première question. On ignore toujours qui a tiré, et les circonstances de sa disparition au début des années 1980 restent à reconstituer. L'affaire demeure un homicide non élucidé, et toute personne ayant connu Norris à l'époque est invitée à se manifester.
La police de l'État du New Jersey a identifié l'homme connu pendant des décennies comme le John Doe d'Atlantic City. Il s'agit de Glen Napoleon Burbage, adjudant-chef retraité des garde-côtes américains, né en 1921, qui avait pris l'avion pour Atlantic City en mars 1981, récupéré ses bagages, puis n'avait plus jamais été revu vivant. Sa famille avait signalé sa disparition le 23 mars 1981.
Le 22 mai 1981, l'équipage d'un bateau de pêche a repéré un corps à environ un kilomètre et demi de la côte. Pendant 45 ans, les enquêteurs n'ont disposé que de ses vêtements, d'une montre Timex et de broches chirurgicales posées dans ses bras après d'anciennes fractures. Les bases ADN classiques n'ont rien donné. Des généalogistes du centre de généalogie génétique d'investigation du Ramapo College ont dégagé une piste, un parent en Caroline du Sud a fourni un échantillon et le laboratoire de la police a confirmé l'identité en juillet 2026.
Le nom ne règle que la moitié du mystère. On ignore toujours comment Burbage est mort et comment il s'est retrouvé en mer. L'enquête reste ouverte et la police lance un appel à témoins.
Nancy Perry Baird travaillait dans une station-service Fina sur la U.S. 89, à East Layton dans l'Utah, le 4 juillet 1975, lorsqu'elle a disparu. Elle n'a jamais été retrouvée et l'affaire reste ouverte depuis 51 ans.
Le bureau du shérif du comté de Davis a révélé que ses agents ont fouillé en mai 2025 le jardin d'une maison de Layton. Cette maison avait été occupée par un homme qui était policier à East Layton à l'époque de la disparition. Un géoradar avait repéré une cavité souterraine, mais les fouilles ont montré qu'il s'agissait d'une fausse alerte. Aucun reste humain n'a été trouvé.
Le détective principal a expliqué que les enquêteurs étaient partis d'une simple intuition et qu'ils gardent plusieurs hypothèses. Ils qualifient l'ancien policier de personne d'intérêt, ce qui ne constitue pas une déclaration de culpabilité. Selon eux, l'enquête reste très active et des renseignements récents les ont orientés vers d'autres sites. On ignore toujours où se trouve Nancy Baird et ce qui s'est passé cette nuit-là.
Une jeune femme retrouvée étranglée dans une chambre d'hôtel du centre d'Oakland le 2 octobre 1969 a enfin retrouvé son nom. La police d'Oakland et le FBI ont annoncé le 1er octobre qu'il s'agissait de Joanne Yvonne Burdick, que sa famille appelait Joanie. Elle n'avait que 16 ans.
L'avancée est venue d'analyses ADN modernes. Le bureau du FBI de San Francisco a rejoint l'enquête en 2020, et l'étude génétique a fini par relier les restes à son frère. Sa famille avait signalé sa disparition il y a des décennies, sans jamais savoir ce qui lui était arrivé.
Le meurtre reste non élucidé. Selon la police, un suspect est connu depuis longtemps, un fugitif jamais arrêté, et les enquêteurs cherchent désormais à savoir s'il est encore en vie; il aurait plus de quatre-vingt-dix ans. Reste à comprendre pourquoi une adolescente recherchée par sa famille est restée sans nom pendant plus d'un demi-siècle.
Des restes humains découverts en 2020 dans des conteneurs entreposés dans le vide sanitaire d'une maison de Forest Drive, à Big Bear Lake en Californie, ont été identifiés comme ceux de Jill Maiorca. Elle avait 29 ans lorsque sa disparition a été signalée en 2007, mais les enquêteurs estiment désormais qu'elle a été tuée dès 2006.
Pendant des années, les restes sont restés anonymes. L'équipe des affaires non résolues du shérif du comté de San Bernardino a repris le dossier en 2023, et les progrès de l'analyse ADN ont enfin permis l'identification. Le shérif Shannon Dicus a salué le travail de l'unité des dossiers froids, créée en 2008.
Après l'identification, son ex-mari a été arrêté et inculpé de meurtre, avec la circonstance aggravante d'usage d'une arme mortelle. Il n'a pas été condamné, et sa mise en accusation a été reportée au 12 octobre 2026. Les enquêteurs n'ont pas révélé de mobile, et beaucoup de questions restent ouvertes, notamment comment les restes se sont retrouvés dans la maison et pourquoi il a fallu près de vingt ans pour lui rendre son nom.
Les enquêteurs du shérif du comté de Santa Barbara ont rouvert le dossier de Mitchell "Buster" Garcia, un habitant de Santa Barbara âgé de 23 ans, vu vivant pour la dernière fois en août 1987. Environ six mois plus tard, le 10 février 1988, des restes humains ont été découverts près des sources chaudes de Caliente, dans la forêt nationale de Los Padres, dans les montagnes qui dominent la ville.
Les restes ont été identifiés comme étant ceux de Garcia grâce à son dossier dentaire, après un examen anthropologique et une reconstruction faciale à partir du crâne. Les enquêteurs ont établi qu'il était mort par balles, mais l'affaire est restée sans suite.
La semaine dernière, le bureau du shérif a indiqué que les enquêteurs recherchent une personne d'intérêt qui se trouverait au Mexique. Son nom n'a pas été rendu public et aucune arrestation n'a été annoncée. On ignore toujours comment Garcia s'est retrouvé dans la forêt et ce qui s'est passé dans les mois suivant sa disparition. Toute personne l'ayant connu à l'été 1987 est invitée à appeler le (805) 681-4150 ou la ligne anonyme (805) 681-4171.
Six mois après qu'Amy Hillyard a quitté son domicile du quartier de Cleveland Heights, à Oakland, le 25 mars, des bénévoles la cherchent toujours. Hillyard, mère de deux enfants, est détective privée et copropriétaire du café Farley's East. Selon sa famille, elle aimait beaucoup la randonnée, qui l'aidait à gérer son anxiété, et traversait des difficultés de santé mentale.
La piste la plus récente vient d'une nouvelle analyse des données de son téléphone portable menée par une agence d'enquête privée. Elle montre qu'avant sa disparition, Hillyard avait consulté huit sentiers à Oakland et Berkeley, dont cinq n'avaient jamais été fouillés. Des bénévoles sont partis les parcourir ce week-end.
Environ 20 à 25 recherches bénévoles ont eu lieu jusqu'ici, certaines avec des chiens pisteurs, en plus de trois opérations d'envergure avec la police, les pompiers et les parcs régionaux d'East Bay. La famille offre une récompense de 25 000 dollars. Où elle est allée après avoir quitté la maison, et si elle se trouve sur l'un de ces sentiers, reste inconnu.
Plus d'un an après que Danielle Bell a été vue pour la dernière fois, ses proches continuent de la chercher eux-mêmes. Samedi, la famille s'est réunie à la Second Baptist Church de Kansas City, dans le Missouri, s'est répartie en équipes et a parcouru les rues autour de la 26e Rue et de Prospect Avenue, où cette femme de 43 ans a été aperçue pour la dernière fois en 2025. Ils ont distribué sa photo et interrogé habitants et sans-abri. Son frère, Ronelle Bell, mène les recherches.
La police de Kansas City indique que des enquêteurs sont affectés au dossier. Elle rappelle aussi que, selon la loi du Missouri, les policiers ne peuvent pas contraindre un adulte capable à rentrer chez lui sans indice de crime, d'enlèvement ou d'incapacité mentale.
Aucune observation confirmée ni piste solide n'a été rendue publique. On ignore si elle est partie de son plein gré ou s'il lui est arrivé quelque chose. Toute information peut être transmise au service des personnes disparues au 816-234-5043.
Des restes humains découverts dans des broussailles à Feltham, dans le sud-ouest de Londres, ont été formellement identifiés comme ceux de Joanne Sheen, mère de trois enfants de la région de Southampton, disparue il y a près de sept ans. Elle avait 44 ans lorsqu'elle a été vue pour la dernière fois, le 5 décembre 2019, après un trajet de Fareham à Southampton. Sa famille avait signalé sa disparition en février 2020.
Les ossements ont été repérés le 12 août 2026 par un passant, dans des sous-bois proches du parc de Bedfont Lakes ravagés par un feu une semaine plus tôt. L'examen médico-légal, avec analyse ADN, a confirmé son identité en septembre.
La police du Hampshire, qui mène l'enquête, traite sa mort comme un meurtre et dit avoir suivi plus de 4 000 pistes et recueilli plus de 300 dépositions. Des arrestations ont eu lieu, mais personne n'a été inculpé. Comment et quand elle est morte, et comment ses restes se sont retrouvés dans l'ouest de Londres, reste inconnu. Une récompense de 20 000 livres pour toute information est toujours proposée.
Jakhobi Hale, un jeune homme de 21 ans originaire de Seattle, a quitté le 16 mai la maison de ses grands-parents près de Darrington, dans l'État de Washington, pour ce qu'il présentait comme une courte randonnée vers le secteur de Gold Hill. Il avait emporté un imperméable, une machette et quelques provisions, mais avait laissé son téléphone, disant qu'il rentrerait avant la nuit. Il n'est jamais revenu.
Les secours du comté de Snohomish ont mené une semaine de recherches. Des chiens ont repéré une brève piste au nord de la propriété, près de l'ancienne route Mountain Loop, et le seul indice matériel trouvé à ce jour est une possible entaille de machette sur la végétation. Une caméra de sentier a photographié deux personnes non identifiées dans le secteur vers 13 h 50 ce jour-là, et la famille espère qu'elles se manifesteront.
Sa mère poursuit les recherches avec des bénévoles, dont des chasseurs et cueilleurs de la région, et a collecté des fonds. Restent ouvertes les questions de l'identité des deux personnes filmées et de la fouille des anciens puits de mine de la forêt voisine. Rien n'indique un crime, et son sort reste inconnu.
Le 4 décembre 1982, des fidèles de l'église catholique du Sacré-Cœur à Boise, dans l'Idaho, ont trouvé un homme mort sur un banc. Il avait avalé du cyanure, ne portait aucun papier exploitable et fut enterré sans nom. Pendant 44 ans, l'affaire a été connue sous le nom de Vagabond inconnu.
Le 23 septembre, le bureau du shérif du comté d'Ada a annoncé son identité : Mathew Francis Betkouski, chimiste organicien ayant travaillé pour Lockheed sur des projets de la NASA. Une clé portant la marque d'une quincaillerie de Jacksonville a mené les enquêteurs à des registres fonciers puis à un frère, dont l'ADN correspondait à des traces relevées sur le portefeuille.
Le shérif a aussi évoqué un possible lien avec les empoisonnements au Tylenol de 1982 dans la région de Chicago, qui firent sept morts et ne furent jamais élucidés. Il a qualifié Betkouski de suspect sérieux, tout en soulignant qu'il n'est pas officiellement désigné comme tel. Les enquêteurs relèvent un écart important : le cyanure associé à lui était du cyanure de sodium, alors que les victimes sont mortes de cyanure de potassium. La police de Chicago indique que son dossier reste ouvert.
Des restes squelettiques découverts le 8 septembre 2026 dans une zone rurale du comté de Caldwell, au Texas, ont été identifiés par ADN comme ceux de Jason Landry, étudiant de l'université d'État du Texas disparu il y a près de six ans. Un habitant a trouvé les ossements à l'est de Salt Flat Road, entre Soda Springs et Biggs Road. Le bureau du procureur général du Texas a annoncé l'identification le 23 septembre.
Landry, alors âgé de 21 ans, a disparu le 13 décembre 2020 en roulant de son appartement de San Marcos vers la maison familiale à Missouri City. Sa voiture a été retrouvée accidentée sur Salt Flat Road, près de l'endroit où les restes sont apparus. Des vêtements, un sac à dos, un ordinateur portable et d'autres affaires étaient éparpillés sur la route, mais les recherches répétées des années suivantes, y compris dans un étang, n'ont jamais permis de le retrouver.
La cause et les circonstances du décès restent indéterminées. Le bureau du shérif dit ne voir aucun signe d'acte criminel. Comment Landry a quitté les lieux de l'accident, et pourquoi il a échappé si longtemps aux recherches, reste inexpliqué.
La police d'État du New Jersey a annoncé le 22 septembre 2026 que des restes humains retrouvés à Woodland Township, dans le comté de Burlington, sont ceux de Denice Smith. Elle avait 51 ans lorsqu'elle a quitté son domicile dans cette même commune, le 9 octobre 2023, et personne ne l'a revue.
Policiers et bénévoles ont mené pendant près de trois ans des opérations de recherche dans les pinèdes environnantes, sans résultat. Le 12 avril 2026, une battue coordonnée par l'équipe bénévole de secours du comté a permis de découvrir des restes dans le secteur de Laurel Lane et de Cedar Lane, à faible distance de son domicile.
L'identification a pris des mois. Les comparaisons ont été réalisées par l'unité d'anthropologie médico-légale de la police d'État, puis confirmées fin août 2026 par le bureau du médecin légiste du comté.
L'annonce règle la question du lieu, pas celle de la cause. Aucune cause de décès n'a été rendue publique, et les enquêteurs n'ont pas décrit ce qui s'est passé entre sa porte d'entrée et ce bout de forêt tout proche.
Gus Lamont, quatre ans, a disparu le 27 septembre 2025 de la cour clôturée de ses grands-parents à Oak Park Station, une propriété isolée à environ 240 kilomètres au nord d'Adélaïde, en Australie-Méridionale. Près d'un an plus tard, il n'a pas été retrouvé et personne n'a été inculpé.
Les recherches ont compté parmi les plus importantes de l'histoire de l'État. Policiers, soldats et bénévoles ont ratissé la zone à pied, trois retenues d'eau ont été vidées et six puits de mine inspectés. Des drones et des images aériennes haute résolution analysées par intelligence artificielle ont couvert plus de 700 kilomètres carrés. Les équipes sont revenues après les pluies de mai, et une nouvelle série de photos aériennes prise en août est toujours en cours d'analyse.
Au bout de cinq mois, la police a qualifié l'affaire de crime grave, invoquant des incohérences dans les récits de personnes présentes sur la propriété, et a indiqué qu'une résidente avait cessé de coopérer. Les parents ont été mis hors de cause. Les objets saisis en janvier n'ont donné aucune piste. Aucun vêtement, aucune empreinte, aucune autre trace physique n'a été retrouvé, ce que les enquêteurs décrivent comme l'énigme centrale du dossier.
Le bureau du shérif du comté de Benton, dans l'Arkansas, prévoit d'exhumer les restes d'un bébé connu seulement sous le nom de Baby Boy Doe, dans l'espoir que les analyses ADN modernes permettent enfin de lui rendre un nom.
Le 16 avril 1977, des adolescents qui jouaient dans un bois près du croisement des routes de comté 201 et 70 ont découvert le corps d'un garçon nouveau-né, avec un sac en plastique et le placenta. Malgré les appels au public de l'époque, ni l'enfant ni ses parents n'ont jamais été identifiés, et il a été inhumé au cimetière de Bentonville.
Selon le bureau du shérif, les progrès de l'ADN offrent une chance dont les enquêteurs ne disposaient pas il y a près de cinquante ans. Il rappelle une exhumation de 2019 dans le même comté, qui a permis d'identifier Fred James Grow. Les circonstances de la mort du bébé et l'identité de la personne qui l'a laissé dans les bois restent inconnues. Toute information peut être transmise au lieutenant Hunter Petray.
Nancy Tucker a disparu le 26 septembre 2024, quand l'ouragan Helene a traversé l'est du Tennessee et inondé la rivière Nolichucky. Son mari Jim a été retrouvé mort près du pont Jackson en quelques jours. Elle, non. La tempête a tué 18 personnes dans l'État, et son dossier était l'un des derniers encore ouverts.
Le 12 septembre, des équipes de recherche ont découvert des restes humains sur l'île Jackson, dans la forêt nationale de Cherokee, à plus de trois milles en aval de l'endroit où on la croyait. Le centre médico-légal William Jenkins de l'East Tennessee State University a confirmé l'identité par les dossiers dentaires en une journée. L'agence de gestion des urgences du comté de Washington et de Johnson City a annoncé le résultat.
Comment les restes sont arrivés là, et pourquoi près de deux ans de recherches ont manqué cet endroit, n'a pas été expliqué. Aucune cause du décès n'a été communiquée. Le couple vivait environ quatre milles et demi en amont.
En octobre 2015, alors que la sécheresse faisait baisser le niveau du réservoir de New Melones, des restes humains ont été repérés sous le pont de Parrotts Ferry, dans le comté de Calaveras, en Californie. Les enquêteurs ont jugé la mort suspecte, mais pendant plus de dix ans la femme est restée sans nom.
Le bureau du shérif du comté de Calaveras l'a désormais identifiée comme Anita Kathleen Ranker, née en 1969 dans le comté de Santa Clara. Une cellule dédiée aux affaires non résolues, créée en 2021, a confié des échantillons à des laboratoires privés. L'ADN a pu être extrait en juin 2026, et des généalogistes génétiques ont retrouvé des proches qui ont fourni un échantillon de référence. Le ministère de la Justice de Californie a aidé à confirmer le résultat.
L'identification soulève autant de questions qu'elle en règle. Les enquêteurs pensent que Ranker a disparu avant 2000 et vivait alors à Murphys ou dans les environs, mais personne n'a jamais signalé sa disparition. Le shérif estime qu'il s'agit probablement d'un homicide et demande à ceux qui l'ont connue de se manifester.
Un coroner du Queensland, en Australie, examine la disparition de Joanne Butterfield, une mère de Mossman, dans l'extrême nord de l'État, vue pour la dernière fois le 26 juin 1998. Elle avait quitté une maison à Mowbray, près de Port Douglas, et faisait vraisemblablement de l'auto-stop tard dans la nuit.
Deux jours plus tard, une partie de ses affaires, dont des vêtements, un CV et des papiers d'identité, a été retrouvée sur un belvédère de Pin Gin Hill, à environ 160 kilomètres. Plus tard, sa fille a reçu à l'école une enveloppe contenant d'autres objets de sa mère. Elle portait un cachet postal du 29 juillet 1998, un mois après la disparition, et l'écriture de Joanne. Aucune empreinte digitale n'y a été relevée.
Un détective retraité a déclaré que son rapport de 2002 laissait trois hypothèses : un suicide, un départ vers le sud après lequel elle serait vivante, ou un crime en chemin. Deux hommes qui la connaissaient ont affirmé n'avoir joué aucun rôle. Des chauffeurs de taxi et des experts de la police doivent encore témoigner. Son sort, et l'origine de l'enveloppe, restent inconnus.
Un employe d'une pepiniere qui degageait un terrain boise pres de South Military Trail, dans la zone non incorporee de Boynton Beach, en Floride, a trouve des ossements humains le 11 mai 2023. Les restes etaient a l'etat de squelette et ne portaient rien qui permette un nom: le dossier est reste ouvert sous l'appellation Jane Doe pendant plus de deux ans.
En 2025, le bureau du sherif du comte de Palm Beach a envoye les elements au laboratoire Othram, au Texas. Les analystes y ont construit un profil ADN dense a partir de l'os et s'en sont servis pour une recherche genealogique, qui a oriente les enqueteurs vers une seule lignee familiale. Le travail de verification de l'unite des affaires non resolues a confirme la correspondance, et l'identification a ete annoncee le 4 septembre 2026. Il s'agit de Regina Hess, nee le 22 aout 1948, qui aurait eu environ 74 ans au moment de la decouverte.
Presque tout le reste manque encore. La cause du deces n'a pas ete rendue publique, rien n'explique comment elle s'est retrouvee sur ce terrain, ni pourquoi sa disparition n'a apparemment jamais ete signalee.
Un homme dont le corps a été sorti de la rivière Yamhill, près de Dayton, dans l'Oregon, le 2 juillet 1988, a enfin un nom. Il s'agit de George Runion Griffin, né le 11 juin 1931, selon l'annonce du bureau du shérif du comté de Yamhill, de la division de médecine légale de la police d'État de l'Oregon et du laboratoire privé Othram. Il aurait eu 57 ans au moment de sa mort.
Les restes ont été découverts au sud de l'embarcadère de Dayton, très décomposés après un long séjour sous l'eau. Les enquêteurs estimaient alors qu'il s'agissait d'un homme blanc de 50 à 70 ans, mesurant environ 1,78 mètre, aux cheveux gris. Il avait été attaché avec des liens et lesté d'objets lourds, et la mort a été classée comme homicide. Pendant plus de trente ans, il figurait comme inconnu dans la base nationale NamUs, sous le dossier UP10882.
En 2025, des éléments ont été envoyés à Othram, où le séquençage du génome et la généalogie génétique ont conduit les enquêteurs jusqu'à Griffin. L'identification dit qui il était, mais pas qui l'a tué ni pourquoi. L'enquête pour homicide reste ouverte.
Des restes osseux decouverts le 5 juin 2011 dans le parc Sellers, a Wilmington, dans le Delaware, ont ete identifies comme ceux de Hannah Graham Kleitz, morte de maladie en 1907 a l'age de 29 ans. La police du comte de New Castle a annonce l'identification, obtenue par genealogie genetique judiciaire.
Le premier examen avait note de longs cheveux chatain fonce noues en une seule tresse et des soins dentaires en or sur les dents de devant, des indices d'une sepulture ancienne et non d'un deces recent. Le laboratoire Othram a etabli un profil ADN en mai 2021, et les recherches genealogiques menees par un enqueteur du comte de Montgomery ont confirme la correspondance en janvier 2026.
Kleitz reposait dans un mausolee du cimetiere Riverview, a Wilmington. Un proche a declare aux enqueteurs que le caveau avait ete ouvert illegalement en 2002, et la police pense que les restes en ont ete sortis a cette periode. Comment les ossements sont passes du cimetiere a un parc public, et qui les a deplaces, reste inconnu. Aucune poursuite n'a ete engagee.
Des bénévoles de Warren, dans l'Ohio, parcourent la ville rue par rue à la recherche de Love Taylor, une mère de trois enfants de 36 ans dont on est sans nouvelles depuis la mi-août. Elle a été vue pour la dernière fois le 11 août 2026 et son téléphone est éteint depuis.
Les battues ont été organisées par une amie et se sont étendues aux localités voisines. La police indique que des caméras de lecture automatique de plaques ont enregistré un véhicule lié à elle en direction de Toledo, mais les enquêteurs ne disposent d'aucun indice d'enlèvement et n'ont pas qualifié la disparition d'acte criminel.
Des proches ont déclaré à la presse locale s'être inquiétés des conditions dans lesquelles elle vivait avant sa disparition, même si aucune plainte n'a été déposée à ce sujet. La police de Warren continue de lancer des appels à témoins et maintient une ligne anonyme. Près d'un mois plus tard, aucun signalement confirmé ni explication de cette rupture brutale de contact.
Cindy Marcell Blizzard avait 15 ans lorsqu'elle a quitté son domicile de Monkton, dans le Maryland, au printemps 1977. Le 29 décembre de la même année, des restes squelettiques et des vêtements ont été découverts dans un bois proche d'une usine du comté de Wilson, en Caroline du Nord, à environ cinq heures de route vers le sud. Ces restes sont demeurés sans identité pendant près de 49 ans.
Le 8 septembre 2026, les enquêteurs ont annoncé qu'il s'agissait bien d'elle. L'équipe chargée des affaires non résolues du bureau d'enquête de Caroline du Nord a envoyé des échantillons osseux à une analyse ADN avancée en 2024, et le rapprochement généalogique a mené à des proches vivants, qui ont confirmé le lien. Le FBI, la brigade criminelle de la police d'État du Maryland et la police de Raleigh ont également participé.
La cause du décès reste officiellement indéterminée. Selon les autorités, le lieu et l'état de la découverte augmentent la probabilité d'un acte criminel, et le dossier est désormais traité comme une enquête pour homicide. Comment une jeune fille du Maryland rural s'est retrouvée dans un bois de Caroline du Nord, et qui l'y a laissée, demeure inconnu.
Des restes humains découverts en juillet 2020 sous le porche d'une maison vide de Birmingham, en Alabama, ont été identifiés comme ceux de Willie Warren Tansil Jr., un homme de 58 ans originaire de Grand Rapids, dans le Michigan. Le bureau du coroner et médecin légiste du comté de Jefferson a annoncé l'identification le 8 septembre 2026, plus de six ans après la découverte.
La comparaison ADN classique n'avait donné aucune correspondance et le dossier s'était enlisé. En 2025, un échantillon a été confié au laboratoire privé Othram pour une généalogie génétique judiciaire. Les généalogistes ont remonté des branches de parents éloignés pendant une dizaine de mois avant d'atteindre la famille proche, qui a fourni un échantillon de référence et confirmé le rapprochement. Tansil avait été déclaré disparu à la police de Grand Rapids en 2017.
Le légiste a retenu une cardiopathie hypertensive, donc une mort naturelle. Personne n'explique comment il s'est retrouvé en Alabama. Aucun lien connu ne le rattachait à Birmingham, et rien ne dit comment il a fait ce trajet vers le sud ni pourquoi il se trouvait sous ce porche.
Sara May Reynolds, 26 ans, a ete vue pour la derniere fois le 2 juillet 2026 sur la route 492, pres de l'echangeur avec l'Interstate 81, dans le canton de New Milford, comte de Susquehanna, en Pennsylvanie. Elle n'avait pas de vehicule. Les enqueteurs pensaient qu'elle marchait ou qu'elle voyageait avec une personne qu'ils n'ont jamais pu identifier.
Des restes humains ont ete decouverts le 21 aout dans une zone boisee du meme canton. Le 28 aout, le medecin legiste du comte a confirme qu'il s'agissait d'elle. La police d'Etat indique que la cause et les circonstances du deces restent indeterminees, et selon la presse l'etat des restes empeche une autopsie classique.
La police n'a revele ni qui a fait la decouverte, ni le lieu exact, ni si elle soupconne un crime. L'enquete est ouverte et une recompense a ete promise. La question centrale demeure. Une jeune femme a disparu en plein jour sur une route rurale et est morte a quelques kilometres de la, et rien de ce qui a ete publie ne l'explique.
Nancy Guthrie, 84 ans, a été enlevée de son domicile de Catalina Foothills, près de Tucson, en Arizona, le 1er février 2026. Près de sept mois plus tard, elle n'a pas été retrouvée et aucun suspect n'a été désigné. Des demandes de rançon sont parvenues à sa famille et à une chaîne de télévision locale, et les enquêteurs ont conclu ensuite qu'une partie d'entre elles étaient des tentatives d'extorsion sans fondement.
Fin août, des agents ont été appelés auprès de restes humains découverts en zone désertique à l'ouest de la ville. Le shérif du comté de Pima a déclaré qu'aucun indice ne reliait cette découverte à l'affaire. Le médecin légiste en chef du comté a précisé que son service parvient chaque fois à écarter rapidement une correspondance.
La répétition fait partie de l'histoire. Le comté de Pima conserve environ 600 ensembles de restes humains non identifiés, plus que tout autre comté des États-Unis, beaucoup appartenant à des migrants morts en traversant le désert de Sonora. Où se trouve Guthrie, et qui est entré chez elle, demeure inconnu.
Archeologie enigmatique
La Grotta delle Veneri, près de Parabita dans le sud de l'Italie, est connue pour des restes liés aux Néandertaliens et aux premiers humains modernes, ainsi que pour deux petites figurines de femmes enceintes trouvées en 1966. Avant une restauration prévue, une équipe comprenant D. F. Barbolla et G. Leucci a sondé le terrain alentour au géoradar et par résistivité électrique, deux méthodes qui examinent le sous-sol sans creuser.
Les résultats, publiés dans Digital Applications in Archaeology and Cultural Heritage, signalent plusieurs vides enfouis. Dans une zone, les signaux évoquent de grandes cavités d'environ 8 à 10 mètres de large, à seulement un à trois mètres de profondeur et peut-être reliées à la grotte connue. Des espaces suspects plus petits apparaissent dans deux autres zones, ainsi qu'une roche fracturée sous la grotte qui pourrait menacer sa stabilité.
Rien n'est confirmé. L'humidité, la roche brisée et un remplissage meuble peuvent imiter des vides sur ces instruments, et une végétation dense a bloqué une partie des mesures. Seule une fouille dira si ces vides existent, s'ils rejoignent la salle principale et s'ils renferment des traces archéologiques.
La plupart des habitants de la Scandinavie de l'âge du fer et de l'époque viking étaient inhumés dans des tertres ou des cimetières. Une nouvelle étude s'intéresse aux exceptions : plus de 190 ossements humains déposés dans des maisons ou autour d'elles, entre environ 500 av. J.-C. et 1050 apr. J.-C. Dirigé par Marianne Hem Eriksen, du Musée national du Danemark, le travail paraît dans le Journal of Archaeological Method and Theory.
Au moins 12 de ces individus, dont deux femmes et un enfant, ont subi des blessures violentes autour du moment de leur mort. Six présentaient des lésions à la tête et quatre plusieurs blessures. La part des cas violents semble augmenter avec le temps.
La découverte la plus étrange provient d'une maison d'Aalborg, au Danemark : un fragment du crâne d'un enfant de deux à quatre ans, portant une entaille d'épée, avait été placé dans le sol. La datation montre que l'enfant est mort environ 200 ans avant la construction de la maison, qui est restée habitée. On ignore pourquoi cette relique a été conservée et si la violence venait de querelles, de guerres ou de châtiments.
Des archéologues travaillant à Huacas de Moche, près de Trujillo, sur la côte nord du Pérou, ont ouvert une petite tombe qui semble appartenir à un jeune enfant. La découverte a été présentée le 6 octobre par l'Université nationale de Trujillo. La sépulture se trouve près du temple de la Huaca de la Luna et date d'une phase tardive de la culture moche, qui a prospéré au premier millénaire de notre ère.
La tombe contenait 32 offrandes, surtout des céramiques. Deux se distinguent : l'une montre un dieu aux traits d'oiseau, l'autre un prisonnier avec une corde nouée autour du cou. Les captifs sont fréquents dans l'art moche, généralement liés aux combats rituels et aux sacrifices, mais trouver une telle image dans la tombe d'un enfant est inhabituel.
Beaucoup de questions restent ouvertes. L'identité de l'enfant est inconnue, et rien ne confirme que sa famille était de haut rang ni que le statut se transmettait par la naissance chez les Moche. Les chercheurs ignorent aussi si les deux figures renvoient à un rituel précis, à un mythe ou à un événement réel.
Des archéologues sous-marins travaillant à Antirhodos, une île engloutie du Port Est d'Alexandrie, en Égypte, ont remonté une bague sigillaire en bronze gravée d'une image du Phare d'Alexandrie. Le Conseil suprême des antiquités égyptien la présente comme la première bague sigillaire connue représentant le phare. La découverte, annoncée début octobre 2026, est le fruit d'une mission commune de l'Institut européen d'archéologie sous-marine, dirigé par Franck Goddio, et des autorités égyptiennes.
La gravure ressemble aux représentations du phare sur des monnaies alexandrines du IIe siècle de notre ère, ce qui suggère une date proche. Une bague sigillaire servait à imprimer une marque dans la cire ou l'argile sur des documents ou des marchandises, son propriétaire avait donc sans doute un rôle officiel ou commercial.
Beaucoup de questions restent ouvertes. La date exacte et le lieu précis de la découverte n'ont pas été publiés, et personne ne sait qui portait la bague. L'équipe suppose qu'un palais de l'île a pu conserver des fonctions administratives, peut-être la gestion du phare, mais ce lien n'est encore qu'une hypothèse. Le phare, l'une des Sept Merveilles du monde antique, a été détruit par des séismes au Moyen Âge.
L'archéologue Melik Mirbey Ömeroğlu a repéré sur des images satellites, près du village de Mescidli dans la province de Muş, à l'est de la Turquie, des lignes droites qui ne correspondaient pas au relief naturel. Sur place, il a trouvé des murailles de pierre massives longues d'environ 1,4 kilomètre, enserrant quelque 120 000 mètres carrés, soit à peu près 17 terrains de football. À l'intérieur se trouvent des traces de bâtiments et une structure circulaire d'environ 25 mètres de rayon, à la fonction inconnue, peut-être liée à l'eau.
La maçonnerie lourde rappelle les forteresses du début de l'âge du fer autour du lac de Van, ce qui suggère un âge d'environ 3 000 ans. Ömeroğlu évoque la possibilité qu'il s'agisse d'Arzashkun, la cité royale du premier roi urartéen Arame, détruite en 856 av. J.-C. selon les annales assyriennes et jamais localisée.
Ce lien n'est qu'une hypothèse. Il n'existe encore ni datation au carbone 14, ni inscription, ni fouille, et les chercheurs ont placé Arzashkun du lac de Van jusqu'au lac d'Ourmia. Une demande d'enregistrement et de protection du site a été déposée.
Dans la tourbière de Duvensee, en Schleswig-Holstein, dans le nord de l'Allemagne, des archéologues ont dégagé un crâne d'aurochs fixé sur un pieu de bois il y a environ 10 500 ans, peu après la dernière glaciation. Il se trouvait à quelques mètres seulement de ce que les chercheurs considèrent comme la plus ancienne tombe connue du nord de l'Allemagne, fouillée en 2022 et 2023.
Le crâne, découvert à l'été 2025, est brisé en fragments mais presque complet, conservé par la tourbe gorgée d'eau. Le responsable des fouilles, Harald Lübke, du Centre Leibniz d'archéologie, avance que les chasseurs-cueilleurs l'ont peut-être dressé pour veiller sur le défunt. Ces groupes incinéraient sans doute leurs morts et enterraient les cendres avec des restes du bûcher.
On ignore encore comment le pieu a pénétré le crâne et à quoi ressemblait l'objet à l'origine. L'équipe prévoit de séparer la mâchoire pour le comprendre. La signification rituelle reste une hypothèse, et l'assèchement de la tourbière menace ce qui demeure enfoui.
Il y a plus d'un siècle, Flinders Petrie a fouillé des rangées de tombes secondaires autour des tombeaux royaux de la Ire dynastie à Oumm el-Qaab, à Abydos, datés d'environ 3078 à 2900 av. J.-C. Il soupçonnait que les serviteurs inhumés là avaient été tués pour suivre leur roi dans l'au-delà, peut-être même enterrés vivants, sans pouvoir le prouver à partir des os.
Une nouvelle étude de la bioarchéologue Roselyn A. Campbell, de l'Université Purdue, publiée dans Frontiers in Environmental Archaeology, a réexaminé 46 de ces crânes conservés dans la collection Duckworth à Cambridge. Sur 18 d'entre eux, soit environ 39 pour cent, elle a relevé des blessures survenues autour du moment de la mort et potentiellement mortelles, dont des fractures linéaires et des plaies pénétrantes causées par des objets tranchants.
Le débat n'est pas clos. Les crânes conservés ne représentent que 5 à 15 pour cent des sépultures d'origine, et la strangulation ou l'étouffement laissent peu de traces sur l'os. Certains serviteurs ont pu être tués, d'autres mourir naturellement. Quelle pratique dominait reste inconnu.
Le Conseil suprême des antiquités égyptien a annoncé une découverte rare à Bir el-Shaghala, la nécropole de l'antique Mothis dans l'oasis de Dakhla : une tombe en briques crues surmontée d'une pyramide, bâtie à l'époque romaine, plus de deux mille ans après le grand âge des pyramides. Une pièce de bronze à l'effigie de l'empereur Constantin a été trouvée à l'intérieur, et une inscription grecque est datée de la fin du IIIe ou du début du IVe siècle de notre ère.
Un escalier de quatorze marches mène à une entrée en grès de style égyptien traditionnel, ornée de formules de protection, d'un disque solaire ailé flanqué de deux cobras et d'une scène du Livre de l'Amdouat, attestée pour la première fois sur le site. En dessous se trouvent une salle voûtée et deux chambres funéraires, apparemment pour un homme et son épouse. Une stèle porte un poème funéraire grec de 19 lignes dédié à Pisechtès, qui aurait été juge.
Des questions restent ouvertes. On ignore pourquoi un notable d'époque romaine a choisi la vieille forme pyramidale, et une chapelle plus tardive à quatre piliers élevée au-dessus de l'entrée signale une réutilisation dont le but reste inexpliqué.
Des plongeurs et des chercheurs ont remonté du lac Arendsee, en Saxe-Anhalt (Allemagne), des pièces de bois travaillé datées d'environ 10 500 ans. Parmi les découvertes figurent un poteau d'environ 1,5 mètre portant encore des traces d'abattage, ainsi que des planches fendues mesurant jusqu'à 1,2 mètre environ. Les travaux ont été menés par l'office régional du patrimoine (LDA) avec l'institut Fraunhofer IOSB-AST.
C'est l'âge qui compte. Jusqu'ici, les constructions mésolithiques du centre de l'Allemagne n'étaient connues que sous forme de taches sombres dans le sol, et non de bois conservé. L'archéologue régional Harald Meller estime que ces trouvailles éclairent la période d'un jour entièrement nouveau. Si le bois provient de bâtiments permanents, des chasseurs-cueilleurs auraient érigé des structures durables environ 3 000 ans avant l'arrivée de l'agriculture en Europe centrale.
À quoi servait réellement ce bois, huttes, abris ou autre chose, reste inconnu. L'équipe prévoit de nouvelles prospections subaquatiques au sonar haute résolution.
Des fouilles à Tagua Tagua, dans la région d'O'Higgins au Chili, ont mis au jour le crâne fracturé d'un gomphothère adulte, un parent disparu de l'éléphant, dans des couches datées d'environ 12 500 ans. Le chantier, dirigé par Rafael Labarca de l'Université pontificale catholique du Chili, s'est déroulé de fin août à mi-septembre 2026.
Le crâne reposait près d'os de cheval, d'os d'oiseaux brûlés et d'outils en pierre, un contexte qui signale une présence humaine. L'équipe suggère que les dégâts pourraient venir d'une tentative délibérée d'ouvrir le crâne pour atteindre le cerveau et le consommer.
Les chercheurs insistent: il s'agit d'une hypothèse de travail, pas d'un cas de boucherie confirmé, et les datations radiocarbone définitives de cette saison sont encore attendues. Savoir si les premiers chasseurs d'Amérique du Sud traitaient vraiment ainsi ces animaux géants, et à quelle fréquence, reste une question ouverte.
Des chercheurs ont décrit trois glyphes peints dans la grotte 19 de Chalcatzingo, dans l'État mexicain de Morelos, à environ 90 kilomètres au sud-est de Mexico. La grotte se trouve à mi-hauteur du versant ouest du Cerro Delgado. L'étude de Christophe Helmke, Jesper Nielsen, Carolina Meza Rodríguez et Mario Córdova Tello, parue dans la revue Antiquity, date les signes du IVe au VIe siècle de notre ère.
Un glyphe associe des signes de montagne à des volutes de parole et pourrait être un toponyme, une Montagne qui chante désignant peut-être le Cerro Delgado lui-même, qui rappelle un signe semblable dans les peintures murales de Teotihuacan. Un deuxième réunit un collier de perles, une étoffe et une fléchette de propulseur, lu comme un titre guerrier. Le troisième est un cadre d'étoiles à cinq branches autour d'une corniche rocheuse noircie par le feu.
Beaucoup reste inconnu. On ignore quelle langue notait l'écriture de Teotihuacan, tous les signes ne sont pas identifiés et personne ne sait ce qui brûlait sur la corniche: de l'encens, un ballot funéraire ou autre chose.
Sur une colline de granit à Miseeda, dans le nord du Soudan, une silhouette humaine grandeur nature taillée dans la roche domine le paysage depuis des siècles. Au VIIe siècle, des chrétiens de la région ont bâti une église tout autour d'elle. Une étude parue cette semaine dans la revue Antiquity, dirigée par Joanna Ciesielska de l'Université de Varsovie, examine ensemble les deux monuments.
Les chercheurs avancent que la figure pourrait représenter un souverain de l'ancien royaume de Koush et marquer une frontière territoriale. Le parallèle le plus proche est une grande gravure du Gebel Qeili montrant le roi koushite Sherkarer.
On ignore toujours qui la figure de Miseeda représente et quand elle a été gravée. L'équipe reconnaît qu'une date précise reste à établir. On ne sait pas non plus pourquoi les bâtisseurs ont enfermé une ancienne image royale dans une église. L'étude de près de 300 sites alentour a aussi recensé des lions, des éléphants, du bétail, des croix chrétiennes et des bateaux gravés.
Des archéologues subaquatiques de l'autorité du patrimoine de l'Étrurie méridionale ont remonté une troisième épée de l'âge du bronze du fond du lac de Mezzano, un petit lac volcanique à l'ouest du lac de Bolsena, dans le nord du Latium. La lame à soie reposait près de la rive sud dans un excellent état, avec de la céramique, un rasoir en bronze et une hache en bronze.
Le lac recèle un village sur pilotis occupé environ entre 1700 et 1150 av. J.-C., dont les pieux de bois se trouvent entre 2,5 et 10 mètres de profondeur. La seule campagne de 2025 a livré plus de 25 objets en bronze, dont des haches, des pointes de lance, des épingles et une faucille, ainsi que des fragments de lingots suggérant un travail du métal sur place. L'argile pauvre en oxygène a remarquablement conservé les surfaces métalliques.
La question reste ouverte : pourquoi tant d'armes précieuses ont-elles fini dans l'eau ? Une explication est la simple perte, des objets tombés de plateformes en bois pendant six siècles. L'autre est l'offrande volontaire : l'une des épées précédentes semble impropre au combat et a été interprétée comme votive. Aucune des deux n'est tranchée.
Un ensemble de grandes structures en pierre a été documenté dans la lointaine Cordillera del Tigre, dans la province argentine de Mendoza, à plus de 3 000 mètres d'altitude. L'alpiniste Carlos Gobbi a repéré le site sur des images satellite en mai 2025, puis l'a atteint avec Adrián Radich et Gabriel Orofino après quatre jours de marche. La découverte a été confirmée en février 2026.
Le site comprend des enclos circulaires de 27 à 35 mètres de diamètre, reliés par des passages, des murs, des fossés et des zones creusées. Les chercheurs du projet ArqueoAndes, qui associe l'institut argentin de recherche sur la neige IANIGLA et l'université espagnole de Jaén, le jugent sans précédent pour l'archéologie de la région.
Ce qui frappe, c'est ce qui manque. L'équipe n'a trouvé ni céramique, ni restes alimentaires, ni autre trace d'habitat en surface, ce qui orienterait vers un usage rituel, simple hypothèse de travail pour l'instant. Qui a bâti ces cercles, à quelle époque, et s'ils relèvent des Incas ou d'une culture plus ancienne reste inconnu. Fouilles, datation des sédiments et télédétection sont prévues.
Les archéologues qui fouillent sous les cours de l'Hôtel-Dieu, sur l'île de la Cité, à quelques pas de Notre-Dame, ont mis au jour un tronçon de mur de pierre et de bois long d'environ 20 mètres. Sa construction correspond aux fortifications gauloises de l'âge du fer et porte les traces nettes d'un violent incendie. Selon le ministère de la Culture, qui a annoncé la découverte le 23 septembre, les datations au radiocarbone du matériau carbonisé se situent entre 200 et 10 av. J.-C.
Cette fourchette compte. Jules César a écrit que les Gaulois avaient incendié leur ville de Lutèce avant d'affronter les troupes romaines en 52 av. J.-C. Pourtant, aucune trace de cette ville gauloise n'a jamais été confirmée sur l'île, et une hypothèse concurrente, appuyée par des fouilles, la situe en réalité à Nanterre, à l'ouest de Paris.
La ministre de la Culture a qualifié ce mur de vestige peut-être parmi les plus importants jamais découverts pour comprendre la Lutèce gauloise, tout en soulignant que sa fonction et sa chronologie restent à vérifier. D'ici là, la question du véritable berceau de Paris reste ouverte.
Une équipe dirigée par l'archéologue égyptien Mamdouh Eldamaty, de l'université Ain Shams et ancien ministre des Antiquités, et par l'ingénieur en structures George Ballard a présenté de nouveaux indices géophysiques d'espaces inconnus près de la chambre funéraire de Toutânkhamon, dans la Vallée des Rois. Grâce au géoradar et à plus de 1 200 mesures de microgravimétrie sur environ 35 mètres carrés, ils décrivent ce qui pourrait être un couloir d'environ deux mètres de large, rempli de gravats, s'éloignant de la chambre.
Une des mesures, baptisée anomalie 7, montre une zone de faible densité contenant un secteur carré plus dense, qui selon l'équipe pourrait être une pièce renfermant des objets. Les responsables insistent sur le fait que les résultats ne sont pas concluants, et Ballard souligne que les signaux sont proches des limites de la méthode. Des géophysiciens extérieurs ont jugé le travail intéressant, mais estiment que les données publiées ne suffisent pas encore.
La découverte relance l'hypothèse de 2015 selon laquelle la tombe cacherait d'autres salles, peut-être liées à la reine Néfertiti, que des études radar antérieures n'avaient pas confirmée. L'équipe espère percer de petits trous pour y glisser des caméras, sous réserve de l'accord des autorités égyptiennes.
Depuis trois décennies, les fouilleurs de Göbeklitepe, dans le sud-est de la Turquie, recueillent des centaines de fragments d'os humains dispersés dans les enceintes monumentales en pierre, sans aucune tombe complète. Une étude publiée le 22 septembre dans PLOS ONE décrit enfin les deux premières sépultures intactes du site, datées d'environ 8700 à 8000 av. J.-C.
La première, trouvée sous le sol en plâtre d'un bâtiment rectangulaire, contenait une femme, un homme et une fillette, peut-être une quatrième personne. Les os avaient été délibérément réarrangés, les crânes regroupés dans un coin, comme si l'on écartait les défunts précédents pour faire place aux nouveaux. La seconde abritait une jeune femme couchée sur le côté gauche, tournée vers l'est.
L'équipe suppose que l'érosion et des glissements de terrain ont entraîné des os de tombes situées plus haut vers les enceintes en contrebas. Cela expliquerait la dispersion, mais pas tout : on ignore si tous les fragments proviennent de ces tombes, et la raison pour laquelle certains morceaux de crâne ont été découpés et modifiés reste une question ouverte.
Des archéologues qui prospectent l'archipel du Svalbard, dans le Grand Nord, ont recensé un cimetière inconnu de 45 tombes sur un terrain surélevé près du cap Fuglehuken, sur l'île de Prins Karls Forland. Les travaux ont eu lieu lors de la campagne 2026 de l'Expédition archéologique du Spitzberg, dirigée par l'Institut d'archéologie de l'Académie des sciences de Russie.
Les tombes sont recouvertes de pierres, une pratique que l'équipe juge inhabituelle par rapport aux sépultures connues des Pomors, chasseurs et marchands russes actifs au Svalbard de la fin du XVIIe siècle au XIXe. Pourtant, les restes d'une croix en bois, élément associé aux tombes pomores, gisaient dans la partie sud du site. Un crâne partiellement dégagé a été numérisé pour créer un modèle 3D et une reconstitution du visage.
La prospection a aussi documenté des bois de navires, dont des fragments de quatre quilles et une planche étrange assemblée avec de l'osier. Pour l'instant, selon les chercheurs, on ignore qui repose dans ce cimetière et à quelle culture ces défunts appartenaient.
En Iakoutie, dans le nord-est de la Sibérie, des archéologues ont ouvert la tombe d'un cavalier contenant une arme de fer qui n'entre dans aucune catégorie connue. Le site, appelé Kukhaayy, se trouve près du village de Kyy, dans le district de Tatta. La fouille a été menée cette année par l'Institut de recherche en sciences humaines et d'études des peuples du Nord, rattaché à la branche sibérienne de l'Académie des sciences de Russie, et rendue publique le 23 septembre 2026.
La lame dépasse 40 centimètres de long pour un peu plus de 3 centimètres de large, montée sur un manche d'environ 45 centimètres qui garde encore son enveloppe d'écorce de bouleau. Ses proportions la situent entre l'arme d'hast iakoute traditionnelle et l'épée, et sa forme convient mieux à l'estoc qu'à la taille.
L'homme a été enterré avec un arc et des flèches, un couteau, un fouet, une selle, des étriers de bois, un chaudron de fer et de la nourriture pour le voyage. L'équipe date provisoirement la sépulture des XVe au XVIIe siècles, dans la société sakha ancienne. Les analyses n'ont encore fixé ni la date, ni le type de l'arme, ni le fait que cet homme ait combattu.
Des archéologues de l'Institut provincial d'archéologie du Shaanxi et de l'université du Shandong ont publié de nouveaux résultats sur le mausolée Qin de Shangzhaoyao, près de l'aéroport de Xi'an, en Chine. Le complexe, vieux d'environ 2 250 ans, est étudié depuis 2018 et a été fouillé en 2022. Son enceinte extérieure mesure environ 600 mètres et la chambre principale se trouve à quelque 26 mètres sous terre.
Autour de la tombe centrale se trouvent 45 sépultures secondaires. Parmi les squelettes dont le sexe a pu être déterminé, les 30 étaient des femmes. Une étude parue dans la revue Antiquity a relevé des signes de malnutrition dans l'enfance, une santé fragile et des efforts intenses et répétés sur la colonne, les épaules et les bras, ce qui évoque un travail manuel pénible comme le tissage ou le service au palais. Les tombes contenaient 258 objets, dont des vases en bronze, des sceaux inscrits et du jade.
Un chercheur pense que la tombe principale appartenait à Huayang, puissante reine douairière des Qin. Mais le pillage a détruit les preuves: aucune inscription ne nomme la défunte. Qui étaient ces femmes, pourquoi elles furent enterrées là et comment elles sont mortes reste inconnu.
Des fouilles dans la nécropole occidentale de l'antique Salone, près de Solin en Croatie, ont mis au jour une sépulture du Ier siècle dans laquelle le défunt a été placé face contre terre. Les travaux, sur le secteur appelé Hortus Metrodori, ont été menés par l'Institut croate de conservation et le Musée archéologique de Split.
La tombe numéro 162 est doublement inhabituelle. L'inhumation sur le ventre était rare dans le monde romain et les chercheurs l'associent souvent aux marginaux, à la punition ou à la peur des morts. Pourtant, cette personne a reçu un mobilier généreux : plusieurs bouteilles en verre et flacons à parfum, dont un en forme de datte, quatre vases en céramique, deux gemmes gravées et des fragments de bronze.
Cette cinquième campagne a porté sur 32 tombes, crémations et inhumations, pour un total de 152 étudiées. L'analyse bioarchéologique se poursuit. Aucune explication n'est encore avancée pour comprendre pourquoi une personne dotée d'offrandes aussi soignées a été placée dans une posture généralement liée à l'exclusion.
Des fouilleurs à Budapest ont dégagé un bâtiment romain qui s'étend sur des centaines de mètres et se termine à une extrémité par une tour polygonale. La construction est datée du troisième ou du quatrième siècle de notre ère, quand le site se trouvait dans la Pannonie romaine, sur la frontière du Danube.
Ses dimensions évoquent un édifice public important lié à l'armée, mais les murs sont trop minces pour une forteresse. Rien de comparable ne figure sur aucune carte romaine conservée de la province, et les fouilleurs disent qu'ils ne parviennent toujours pas à établir à quoi il servait.
Pour l'instant, la découverte est enregistrée simplement comme un très grand complexe du Bas-Empire d'usage inconnu. C'est inhabituel pour cette ville: la couche romaine sous Budapest est fouillée depuis plus d'un siècle et son plan passait pour largement connu. Un bâtiment de cette longueur, absent des sources et sans fonction évidente, n'y trouve pas sa place. Les travaux se poursuivent.
À Oued Beht, dans le nord-ouest du Maroc, des archéologues ont suivi ce qui ressemble à un système défensif barrant un éperon rocheux : un fossé, un rempart de terre et probablement un mur. La datation place le mur le plus ancien entre environ 2010 et 1747 av. J.-C., avec des reconstructions jusque vers 1300 av. J.-C. Si cette lecture se confirme, ce serait la plus ancienne fortification connue d'Afrique du Nord en dehors de la vallée du Nil.
Les résultats de la campagne 2023 de l'Oued Beht Archaeological Project ont paru ce mois-ci dans la revue Libyan Studies. Les premiers ouvrages, faits de terre et de matériaux organiques, portent des traces d'incendie et de reconstructions répétées. Bien plus tard, entre le XIe et le XIIIe siècle, des habitants sont revenus y élever des défenses en pierre.
Beaucoup reste flou. Les auteurs évitent d'affirmer avec certitude qu'il s'agit d'une fortification et notent que l'ouvrage a pu changer de fonction selon les époques. On ignore qui l'a construit et contre qui. On ne sait pas non plus pourquoi l'habitat s'est déplacé des terres agricoles du nord vers cet éperon entre le IVe et le IIe millénaire av. J.-C.
Les murs de deux temples de l'âge du bronze à Kition, la cité antique située sous l'actuelle Larnaca, à Chypre, sont connus depuis longtemps pour leurs gravures de navires. Une publication de 1985 en recensait 21. Une nouvelle étude parue dans l'International Journal of Nautical Archaeology, signée Graham C. Braun, Caroline Barnes et Tzveta V. Manolova, a réexaminé les pierres par scanner laser terrestre et photogrammétrie.
Les relevés ont révélé 23 navires possibles supplémentaires sur les blocs du Temple 1 : neuf identifiés avec une forte confiance, six avec une confiance moyenne et huit incertains. Les auteurs classent les embarcations en six groupes dont les formes correspondent aux traditions levantine, égéenne et chypriote, toutes sur le même mur. Certaines gravures figurent sur des blocs de réparations plus tardives, ce qui suggère que des navires ont été ajoutés sur une longue période, de la fin de l'âge du bronze au début de l'âge du fer.
Qui les a gravés, et pourquoi, reste ouvert. Les chercheurs avancent trois possibilités : des offrandes de marins, des aides à la navigation ou de simples dessins de navires vus au port. Pour l'instant, disent-ils, les données ne permettent pas de trancher.
Des archeologues de l'Universite d'Etat de Novgorod ont mis au jour un medaillon en alliage de cuivre du onzieme siecle dans les ruines d'un domaine urbain pres de Staraya, a environ 650 kilometres au sud-est de Saint-Petersbourg. Une face montre un saint guerrier. L'autre montre une tete entouree de serpents qui evoque sans ambiguite Meduse.
Ces objets sont appeles zmeeviki, images de serpent: ils associent au recto une figure chretienne canonique et au verso une forme serpentine heritee de croyances plus anciennes. Le saint serait Theodore Stratelate, connu dans la tradition orthodoxe pour avoir tue un serpent. La piece est assez simple, si bien que les fouilleurs l'attribuent a un foyer de rang moyen plutot qu'a une famille riche, et elle a peut-etre ete coulee dans un atelier du meme site.
On discute encore des raisons pour lesquelles une societe recemment christianisee continuait de commander de tels objets. L'equipe penche pour y voir un embleme general du mal plutot que le monstre grec. L'archeologue Sergueï Toropov l'a decrite comme une image collective des forces obscures.
Des archéologues travaillant au cimetière de Beishenjiaqiao, à Xi'an, dans la province chinoise du Shaanxi, ont décrit une découverte étrange dans une tombe de la période des Royaumes combattants appelée M280, vieille d'environ 2 300 ans. Dans la bouche du défunt, une petite pierre cylindrique en roche carbonatée était logée dans une alvéole malade, près de la deuxième molaire supérieure droite.
L'emplacement soulevait une question évidente : s'agissait-il d'une tentative ancienne d'implant dentaire ? Une équipe de l'université de Jilin, de l'Institut de protection des biens culturels et d'archéologie de Xi'an et de l'université de Zhengzhou a examiné l'objet et publié ses résultats le 10 septembre 2026 dans npj Heritage Science. Aucun signe de façonnage pour la bouche, aucune usure de mastication, aucune réaction osseuse indiquant une présence du vivant de la personne et aucun moyen de fixation n'ont été relevés.
Cela écarte largement l'idée d'un implant fonctionnel, sans dire ce qui s'est passé. La pierre a pu être placée volontairement après la mort, dans le cadre d'un rite funéraire, ou glisser dans la cavité sous l'effet des mouvements du sol et de la décomposition. Les lacunes de la documentation de la fouille d'origine rendent la question difficile à trancher.
Une equipe internationale qui degageait des gravats pour proteger des tombes antiques des crues soudaines pres de Louxor est tombee sur une tombe dont personne ne soupconnait l'existence. Le site se trouve dans la partie basse de Cheikh Abd el-Gournah, dans la necropole thebaine, et remonte a l'epoque ramesside, entre environ 1292 et 1069 avant notre ere.
La tombe comprend une cour exterieure, une chapelle creusee dans la roche aux murs decores et des chambres funeraires en dessous. Les peintures montrent le proprietaire, un fonctionnaire nomme Paser, adorant des divinites dans leurs sanctuaires et assis avec son epouse devant une table d'offrandes chargee de pain, de biere, de fruits, de viande et de fleurs. L'identification repose sur ce decor peint.
Les murs restent couverts d'une couche de terre et une grande partie de la tombe n'a pas encore ete lue. Qui d'autre y fut enterre, et qui reutilisa la chapelle aux siecles suivants, demeure sans reponse. Les travaux sont diriges par Carina van den Hoven, de l'universite de Leyde.
Un réexamen d'environ mille os et dents humains provenant de trois grottes proches de Grenade, dans le sud de l'Espagne, conclut que le cannibalisme néolithique de la région ne fut pas un épisode isolé. Le matériel avait été mis au jour il y a des décennies. Une équipe internationale dirigée par Palmira Saladié, de l'institut IPHES-CERCA, a pratiqué des datations directes au radiocarbone et une analyse moderne des traces laissées à la surface des os, et publié ses résultats dans le Journal of Archaeological Science.
Les trois sites racontent des histoires différentes. A Malalmuerzo, les restes d'au moins 36 personnes datent d'environ 5300 à 4950 avant notre ère et portent des coups et des traces de cuisson, que les chercheurs lisent comme un unique épisode violent. A Cariguela, presque chaque os étudié montre des marques de découpe et deux crânes ont été transformés en coupes. A Majolicas, daté vers 3950 à 3760, des os sont marqués de pigment rouge de cinabre.
Pourquoi ces communautés ont mangé leurs morts, et si la faim, le conflit ou le rite l'ont emporté, reste sans réponse.
Des archéologues qui fouillent un ancien cimetière près de Wroclaw, dans le sud-ouest de la Pologne, ont ouvert une tombe qui ne ressemble à aucune autre du site. Un homme y avait été déposé, accompagné de deux têtes humaines supplémentaires. La sépulture est attribuée à la culture de la céramique cordée et datée d'environ 2900 av. J.-C. d'après le style d'une hache de combat en serpentinite placée à côté de lui.
La tombe contenait aussi des perles d'ambre, une lame de silex et un collier de 42 dents animales percées. Pawel Dabrowski, de l'université médicale de Wroclaw, qui dirige l'étude, a indiqué que les dents étaient disposées avec précision et provenaient de loups, de cerfs et d'ours, certaines peut-être d'humains. L'ensemble suggère une personne de rang, peut-être un guerrier, un chasseur ou le chef d'un groupe familial.
Les questions centrales restent sans réponse. On ignore encore si les deux crânes ont été séparés de leurs corps ou inhumés entiers, si les trois individus étaient apparentés, et à quoi servaient les têtes ajoutées. La découverte a été annoncée le 9 septembre 2026.
Une prospection à Castiglione di Paludi, habitat fortifié perché en Calabre, dans le sud de l'Italie, a cartographié des bâtiments encore enfouis sans creuser la moindre tranchée. Des équipes de l'université de Catane ont associé la tomographie de résistivité électrique, qui fait passer un courant faible dans le sol, et la magnétométrie, qui enregistre les petites distorsions du champ magnétique terrestre. Chaque mesure a été positionnée par GPS.
L'anomalie la plus nette se trouve exactement en travers de la rue centrale du site. Quelque chose d'imposant s'y dressait autrefois, coupant un axe qui aurait dû rester libre. Les vestiges sont très dégradés et la prospection ne dit rien de la fonction du bâtiment. Les chercheurs penchent pour un rôle religieux, mais il s'agit d'une interprétation, pas d'un résultat.
La question de fond est plus ancienne que l'enquête. Les spécialistes discutent toujours de savoir si la ville fut fondée par des colons grecs de Grande Grèce ou par la population brutienne locale. Les nouvelles données décrivent l'organisation du site entre le IVe siècle avant notre ère et l'époque hellénistique, sans trancher sur ses fondateurs.
Les fouilles de Karahantepe, dans le sud-est de la Turquie, ont mis au jour une sculpture d'environ soixante-dix centimetres de haut representant une figure humaine assise sur un leopard. Le ministre turc de la Culture et du Tourisme a annonce la decouverte le 27 aout 2026. Le site appartient au meme monde neolithique que Gobekli Tepe, tout proche, et remonte a environ onze mille ans.
La statue reposait sur un banc le long du mur d'un batiment circulaire d'environ trois metres de diametre, au sol pave de dalles plates. Cette position indique qu'elle etait exposee et non jetee ni enterree, mais rien d'autre dans la piece n'indique dans quel but.
Les predateurs apparaissent souvent dans l'art de cette periode, le plus souvent en reliefs ou en figures isolees. Une personne montee sur l'un d'eux est rare. Ceux qui l'ont sculptee n'ont laisse aucune ecriture, et aucune sepulture ni objet comparable dans la region ne dit aux archeologues si la scene rapporte un rite, un mythe, un individu precis ou tout autre chose.
Des archéologues travaillant à la villa romaine du Collet, au-dessus de la baie de Palamós en Catalogne, ont identifié les fragments d'un récipient en céramique peu commun. Une anse conservée a été modelée en forme de serpent à deux têtes. L'étude, dirigée par Marc Bouzas Sabater, de l'université de Girône, a paru dans la revue Antiquity.
L'iconographie correspond à des objets associés à Sabazios, divinité d'origine thrace et phrygienne dont le culte a laissé très peu de traces écrites. L'analyse de l'argile indique que la pièce n'a pas été fabriquée sur place et pourrait venir d'Afrique du Nord. Elle a été brisée et enfouie sous le règne d'Auguste, entre 27 avant notre ère et 14 de notre ère, ce qui en fait l'un des plus anciens exemplaires ruraux de ce type en Ibérie.
Comment ce culte a atteint un domaine agricole à la lisière occidentale de l'empire n'est pas résolu. Une hypothèse évoque un prêtre venu d'orient jusqu'au port voisin d'Emporiae. On ignore aussi pourquoi le vase a été brisé et déposé, et si le geste était rituel.
Documents declassifies
Pour les 40 ans du sommet de Reykjavik de 1986, le National Security Archive de l'Université George Washington a publié le 10 octobre 18 documents qui mettent côte à côte les comptes rendus américain et soviétique des entretiens entre Reagan et Gorbatchev. Les pièces américaines ont été obtenues par des demandes au titre de la loi sur la liberté d'information auprès de la bibliothèque Reagan et du département d'État. Les notes soviétiques proviennent des archives d'Anatoli Tcherniaïev, conseiller de Gorbatchev, et d'un fonds de la Bibliothèque du Congrès. L'ensemble comprend aussi des documents inédits sur des échanges de prisonniers politiques.
Les deux versions concordent largement, et dans les deux les dirigeants évoquent l'abolition totale des armes nucléaires. La différence nette se situe à la fin. La transcription russe contient des propos de clôture où Reagan laisse entendre que Gorbatchev ne voulait pas d'accord et doute d'une nouvelle rencontre. Le mémorandum américain montre Reagan s'apprêtant à partir, suivi de politesses.
L'Archive n'explique pas pourquoi ces propos ne figurent que dans un seul compte rendu. Des parties d'un dossier d'information du département d'État sur le sommet restent également non publiées.
Le 8 octobre, le FBI a mis en ligne dans son archive Vault un dossier bref et très caviardé sur Dugway Proving Ground, le terrain d'essais de l'armée américaine dans le désert de l'Utah. Le mémo de trois pages, daté du 9 juin 2015, émane du bureau de Salt Lake City.
Il indique qu'en avril 2015, dans le cadre d'un programme de réactifs du ministère de la Défense, des lots d'échantillons biologiques produits à Dugway, censés être irradiés et inactivés, ont été expédiés via Aberdeen Proving Ground, dans le Maryland, à des entreprises de biotechnologie dans tout le pays. L'analyse d'un échantillon par un laboratoire participant a révélé du Bacillus anthracis virulent, la bactérie du charbon. Le FBI a ouvert un dossier pour examiner un possible usage abusif d'un agent pathogène réglementé, au titre des lois sur les armes de destruction massive et les armes biologiques.
L'erreur d'expédition avait été rendue publique par le Pentagone dès 2015. Le dossier ne dit pas comment l'enquête du FBI s'est conclue : noms, numéros de dossier et une partie de l'analyse restent masqués.
Des documents de la National Security Agency récemment publiés montrent qu'en 1992 l'état-major interarmées du Pentagone a examiné si des aviateurs américains disparus lors de vols de reconnaissance pendant la guerre froide avaient pu être détenus par l'Union soviétique, la Chine ou la Corée du Nord. Le dossier de 15 pages a été obtenu grâce à une demande au titre de la loi sur la liberté d'information par le site de recherche The Black Vault, qui l'a publié le 9 octobre 2026.
Une note de juin 1992 recense 21 pertes d'avions entre 1950 et 1969, identifiées par l'armée de l'air et la marine, avec 131 militaires dont le sort reste inconnu. Parmi les appareils figuraient des B-29, RB-47, RB-50, C-130 et U-2. La note indique aussi que l'explication officielle de certaines pertes et ce qui s'est réellement passé pourraient être deux histoires différentes.
Des passages essentiels restent cachés. Des responsables de la défense ont maintenu certains extraits classés secrets, dont le texte qui suit immédiatement cette remarque, et d'autres lignes ont été retenues pour protéger la vie privée. Les documents ne montrent pas qu'un aviateur ait survécu en captivité à l'étranger, ne précisent pas à quels cas la remarque renvoyait et ne prouvent pas qu'une version officielle était fausse.
Le 6 octobre 1976, une bombe a détruit le vol 455 de la Cubana peu après son décollage de la Barbade, tuant les 73 personnes à bord, dont l'équipe nationale cubaine d'escrime. Pour le 50e anniversaire, le National Security Archive de Washington a publié un dossier de dix documents déclassifiés : cinq du FBI, trois de la CIA, une analyse du département d'État et une déposition policière de Trinité-et-Tobago datant de 1976.
Les pièces montrent que les agences américaines ont vite reçu des renseignements désignant comme organisateurs des exilés anticastristes opérant depuis le Venezuela, et que deux hommes soupçonnés d'avoir posé l'engin ont été arrêtés en quelques jours. Un rapport de la CIA évoque un avertissement concernant une attaque contre un avion cubain, parvenu à l'agence seulement après le crash.
Beaucoup de points restent obscurs. Plusieurs documents sont encore partiellement caviardés, certaines affirmations reposent sur une source unique non vérifiée, et personne n'a jamais été condamné pour avoir planifié l'attentat. Les archives estiment que ces papiers montrent ce que savaient déjà les responsables américains à l'époque.
Treize ans après une demande FOIA déposée en août 2013, la CIA a communiqué un dossier d'environ 35 pages qui montre comment le gouvernement s'est préparé à expliquer le raid de mai 2011 contre le complexe d'Oussama ben Laden au Pakistan. The Black Vault, une archive privée de documents officiels, l'a publié cette semaine.
Le dossier contient une note du 1er mai 2011 du directeur de la CIA de l'époque, Leon Panetta, demandant la déclassification rapide de graphiques, d'éléments de langage et d'un jeu de questions-réponses, ainsi qu'une note autorisant l'usage public d'images satellites. Les éléments de langage et les questions-réponses étaient marqués comme rédigés pour être déclassifiés. Ils évoquent une forte certitude qu'une cible majeure se trouvait sur place, sans détails sur l'unité, les effectifs ou le point de départ.
La CIA a refusé de rechercher des documents sur le traitement du corps de Ben Laden, estimant qu'ils relèveraient d'archives opérationnelles exemptées, et n'a pas confirmé leur existence. Une grande partie du dossier reprend ce qui avait été rendu public en 2011.
Un rapport d'inspection de l'Inspecteur général de la CIA sur le Centre de contre-terrorisme de l'agence, achevé en août 2001, quelques semaines avant les attentats du 11 septembre, a été publié avec beaucoup moins de passages caviardés. Ce document de 82 pages était sorti une première fois en 2010, lourdement censuré. La version plus complète a été obtenue à la suite d'une demande de révision obligatoire de déclassification déposée en 2019 et mise en ligne par l'archive The Black Vault le 6 octobre.
Les passages désormais lisibles décrivent un centre débordé. Les effectifs ont augmenté de 74 pour cent en cinq ans et le budget a plus que doublé, mais les analystes consacraient 30 à 50 pour cent de leur temps au soutien des opérations plutôt qu'à la recherche de fond. Un afflux de signalements, souvent peu fiables, compliquait l'analyse approfondie sur Ben Laden, et les retards de traduction pouvaient bloquer des lots de documents pendant des mois.
Noms de programmes, activités à l'étranger, lieux et données sur le personnel restent masqués, si bien que l'effet de ces problèmes sur des opérations précises n'est toujours pas public.
Un satellite d'écoute électronique de la guerre froide, dont la mission n'a été déclassifiée que récemment, s'est fragmenté à environ 775 kilomètres au-dessus de la Terre. USA-32, connu au National Reconnaissance Office (NRO) sous le nom de FARRAH III, avait été lancé par une fusée Titan II le 5 septembre 1988. Les documents en partie publiés par le NRO décrivent le programme FARRAH comme la collecte d'émissions radar soviétiques dans la bande de 2 à 18 GHz.
Le 13 septembre 2026, le réseau de surveillance de l'U.S. Space Force a enregistré un événement de fragmentation : l'engin s'est soudain brisé en morceaux. La société privée s2a systems suit depuis des fragments qui se dispersent dans une zone très fréquentée de l'orbite basse. Selon les comptes rendus, le satellite était conçu pour durer trois ans mais est resté en orbite environ 38 ans.
La cause de la rupture reste inconnue. Des résidus de carburant dans un réservoir sous pression, une cellule de batterie défaillante ou l'impact d'un débris spatial sont possibles. Rien n'indique un acte délibéré ni l'usage d'une arme antisatellite.
Un dossier publié le 1er octobre par le National Security Archive examine l'un des derniers documents encore partiellement secrets des archives sur l'assassinat de Kennedy: l'histoire interne de la station de la CIA à Mexico, un ouvrage de trois volumes et 539 pages demandé pour la première fois par le Congrès en 1978.
Le texte a fait l'objet de plusieurs examens de déclassification, en 2017, 2022, 2023 et encore en janvier 2025. Pourtant, selon les chercheurs, près de dix pages restent entièrement caviardées. Elles portent sur des opérations de la station contre des groupes étudiants de gauche avant le massacre de Tlatelolco du 2 octobre 1968, et d'autres coupes concernent des opérations impliquant des responsables de la sécurité mexicaine, des syndicats et le gouvernement mexicain lui-même.
Les parties publiées décrivent déjà des écoutes téléphoniques et des liens avec de hauts responsables mexicains. Ce que contiennent les pages retenues, et pourquoi elles sont encore jugées trop sensibles plus de 55 ans après, n'a pas été expliqué.
La marine américaine a rendu publiques 939 pages de l'Advanced Naval Vehicles Concepts Evaluation, une étude lancée en 1975 pour déterminer quels engins inhabituels pourraient servir la flotte entre 1980 et 2000. Le site The Black Vault a obtenu ces documents grâce à une demande au titre de la loi sur la liberté d'information déposée en septembre 2023; ils ont été remis le 23 septembre 2026, en quatre volumes.
On y trouve plus de 200 analyses portant sur neuf types d'engins. Parmi eux, un avion à propulsion nucléaire de 560 tonnes censé tenir environ 15 jours en vol grâce à un réacteur refroidi à l'hélium, un porte-avions nucléaire à effet de surface, des navires à effet de surface dépassant 80 noeuds, des hydroptères, des engins à effet de sol, de grands dirigeables, des navires bicoques SWATH et des coques planantes.
Aucun des projets nucléaires n'a été construit, et l'étude supposait d'emblée la faisabilité d'une propulsion nucléaire légère sans la démontrer. Certaines parties restent retenues pour des raisons de classification et de vie privée, et le quatrième volume principal, qui confrontait les concepts aux menaces prévues vers l'an 2000, n'a pas encore été publié.
L'Agence de sécurité nationale américaine a publié un article de 1966 intitulé Collection de coupons et cryptologie, demandé pour la première fois au titre de la loi sur la liberté de l'information en août 2017. La communication est intervenue le 9 septembre 2026, plus de neuf ans plus tard, et a été diffusée par l'archive The Black Vault. L'étude de 13 pages, signée Marie Capozza, a paru dans la revue technique classifiée de la NSA et porte la mention SECRET sur toutes ses pages.
Le texte applique au déchiffrement le problème du collectionneur de coupons, une question classique sur le temps nécessaire pour réunir une série complète d'objets tirés au hasard. Il traite des tests d'aléa, de la génération de cartes de clés, de l'estimation du nombre de groupes de code et de méthodes statistiques pour repérer des régularités qui ne devraient pas exister.
Tout n'a pas été rendu public. La NSA a retenu une longue section intitulée Collection de coupons et génération d'alphabets ainsi qu'une partie de la bibliographie, invoquant la sécurité nationale et les lois protégeant le renseignement. Soixante ans plus tard, rien n'explique pourquoi cette partie d'un travail de probabilités doit encore être protégée.
La CIA a publié un ensemble de 50 pages montrant comment elle a traité deux demandes de Jeffrey Epstein visant tout document de l'agence le concernant. Les dossiers ont été obtenus par le fonds de recherche The Black Vault grâce à une demande FOIA, à partir de deux numéros de dossier apparus dans de précédentes publications officielles sur Epstein. Sur 17 documents, un a été communiqué en entier et 16 avec des passages retenus.
La première demande, déposée en octobre 1999, portait sur tous les documents indexés à son nom. La CIA a répondu en février 2002 n'en avoir trouvé aucun. Une seconde demande en 2011, envoyée par son avocat, portait précisément sur toute surveillance ou collecte d'informations à son sujet depuis 2000. L'agence a indiqué n'avoir aucune trace d'un lien ouvert ou reconnu, mais pour tout lien classifié elle a opposé une réponse dite Glomar, sans confirmer ni démentir l'existence de tels documents.
On ignore toujours ce que contiennent les passages retenus et s'il existe le moindre document classifié. La réponse Glomar est une pratique courante de la CIA et ne prouve rien dans un sens ou dans l'autre.
Le département de la Guerre a annoncé le 14 septembre une dérogation ciblée qui permet aux militaires, agents civils et sous-traitants, actuels ou anciens, de transmettre des informations protégées sur les phénomènes anormaux non identifiés au groupe de travail PURSUE. Pour ces seuls échanges, elle lève les sanctions civiles et administratives prévues par les accords de confidentialité et les engagements des programmes à accès spécial. Elle n'autorise pas à parler à la presse ni au public, et les propos recueillis ne feront l'objet que d'un examen en vue d'une éventuelle déclassification.
The Black Vault, qui suit le sujet grâce à des demandes FOIA, rappelle que des protections semblables existaient déjà. Une loi de défense de 2023 permettait au bureau AARO de recevoir ces informations quels que soient leur classification et les accords de secret, et des documents publiés en 2024 et 2025 montrent l'AARO indiquant aux témoins que leurs accords ne s'appliquaient pas pendant les entretiens.
Des questions essentielles demeurent. Le texte complet de la directive n'a pas été publié, et on ignore comment elle traite les autres informations classifiées qui recoupent le sujet. The Black Vault a demandé les documents, sans réponse à ce jour.
Des documents publiés en vertu de la loi sur la liberté d'information éclairent un atelier à huis clos organisé en août 2025 par le bureau du Pentagone chargé des phénomènes anormaux, l'AARO. Cette rencontre de deux jours, accueillie par Associated Universities à Vienna, en Virginie, portait sur la manière de recueillir, conserver et analyser les récits de témoins de phénomènes anormaux non identifiés. Une quarantaine de personnes venues de l'administration, d'universités et de groupes de recherche indépendants y ont pris part.
Le ministère de la Défense a retrouvé 89 pages en réponse à la demande, publiées le 25 septembre par le fonds documentaire The Black Vault. Soixante-dix pages ont été communiquées, souvent caviardées, et 19 ont été entièrement retenues au nom des délibérations internes et de la vie privée.
Les dossiers montrent aussi que, la veille de l'atelier, l'AARO a reçu au Pentagone la CRIDOVNI, la commission de l'armée de l'air uruguayenne qui enquête sur ce type de signalements, pour discuter d'un échange de briefings et de méthodes. Le bureau cherchait également des contacts avec des organismes similaires ailleurs en Amérique du Sud et prévoyait un second atelier début 2026. Ce qui s'est réellement dit lors de l'atelier, et si la coopération avec l'Uruguay a abouti, ne figure pas dans les pages publiées.
Après plus de quatre ans d'attente, la Marine des États-Unis a répondu à une demande fondée sur la loi sur la liberté d'information concernant les courriels de Scott Bray, ancien directeur adjoint du renseignement naval devenu l'un des visages publics du gouvernement sur les phénomènes aériens non identifiés. La demande, déposée par The Black Vault en mai 2022, visait les messages contenant des termes comme UAP, UFO, UAPTF et AATIP.
Dans sa réponse du 23 septembre, la Marine indique avoir trouvé 1 321 pages. Elle en a publié 1 019 avec des passages masqués et en a retenu 302 en totalité. Les documents portent sur des briefings au Congrès, la gestion de la diffusion de ses vidéos d'ovnis en avril 2020, les travaux du groupe de travail sur les UAP et l'évaluation du renseignement de 2021.
Les courriels montrent surtout comment les responsables coordonnaient messages et briefings, sans révéler de conclusion sur la nature des objets. Articles transférés et affirmations extérieures y abondent, ce qui ne signifie pas que la Marine les approuvait. Le contenu des 302 pages retenues reste inconnu.
L'Agence nationale de la sécurité américaine a rendu publiques huit études de prévision technologique demandées en mai 2011 au titre de la loi sur la liberté d'information. La réponse, datée du 29 août 2026, est arrivée plus de quinze ans plus tard et l'archive documentaire The Black Vault l'a publiée le 22 septembre.
Rédigées entre 2002 et 2010, ces études anticipent les technologies émergentes. L'une, sur la vie privée et l'anonymat, provient d'un groupe de recherche de la NSA elle-même. La plupart des autres ont été préparées par les laboratoires nationaux Sandia et portent sur les matériaux au-delà de la loi de Moore, l'électronique térahertz, la récupération d'énergie, les antennes et le côté humain du réseau, y compris les interfaces entre cerveau et réseau. Un rapport du Pacific Northwest National Laboratory examine la transmission de données sans fil par éclairage LED.
Tout n'a pas été divulgué. Un document de 228 pages a été retenu en entier comme classifié, d'autres passages sont caviardés et deux titres demandés, sur l'informatique bio-inspirée et la localisation, manquent. Le contenu des pages retenues reste inconnu.
Les États-Unis ont déclassifié un ensemble de documents liés aux attentats du 11 septembre, réclamés depuis des années. L'ouverture a été annoncée le 11 septembre 2026, après l'insistance du conseil de déclassification d'intérêt public et la décision du Conseil de sécurité nationale de confier l'examen au panel interagences d'appel en matière de classification.
Deux ensembles sont désormais accessibles. Le premier est une synthèse d'environ 7 000 mots rédigée par la commission du 11-Septembre, qui passe en revue tous les briefings quotidiens du président mentionnant Al-Qaïda, Oussama ben Laden ou l'Afghanistan dans les trois années précédant les attaques. La CIA a aussi publié les extraits de briefing sur lesquels cette synthèse s'appuyait.
Le second ensemble réunit les comptes rendus des entretiens de la commission avec sept responsables: le président Bill Clinton, le vice-président Al Gore, les conseillers à la sécurité nationale Condoleezza Rice et Samuel Berger, le coordinateur antiterroriste Richard Clarke, le directeur de la CIA George Tenet et Michael Scheuer, chef de l'unité consacrée à ben Laden.
Le conseil lui-même a souligné que des questions restent ouvertes et que d'autres dossiers méritent un réexamen.
Le 21 septembre 2026, 50 ans jour pour jour après la voiture piégée qui a tué à Washington l'exilé chilien Orlando Letelier et sa collègue américaine Ronni Karpen Moffitt, le National Security Archive a publié 12 documents déclassifiés du gouvernement américain sur l'affaire.
On y trouve des documents du FBI issus d'une enquête du ministère de la Justice menée en 1999-2000 sur le rôle de l'ancien dirigeant chilien Augusto Pinochet, des comptes rendus du département d'État de 1987 sur des entretiens avec un ancien officier du renseignement chilien et des évaluations de la CIA. Une analyse de la CIA de 1987 concluait que Pinochet avait personnellement ordonné l'assassinat, et un télégramme de 1978 décrit des efforts pour entraver l'enquête américaine.
Des pièces essentielles restent secrètes. La déposition du chef de la police secrète chilienne a été publiée entièrement caviardée, et le rapport final du ministère de la Justice de décembre 2000, qui portait selon les informations disponibles sur une éventuelle inculpation, demeure classifié. Pinochet n'a jamais été inculpé aux États-Unis et il est mort en 2006. L'Archive réclame la publication du reste, et la raison de l'arrêt des poursuites reste une question ouverte.
Le National Security Archive de l'université George Washington a publié 25 documents déclassifiés sur la manière dont l'administration Clinton a mené les négociations climatiques avec la Chine à la fin des années 1990. Ces pièces proviennent des fonds de la Maison Blanche, du Département d'État et de la bibliothèque présidentielle Clinton, et ont été obtenues grâce à des demandes au titre de la loi sur la liberté d'information et à des recherches d'archives.
Elles suggèrent qu'en privé, les dirigeants américains et chinois exprimaient des inquiétudes environnementales proches, alors que leurs positions publiques autour du protocole de Kyoto étaient bien plus dures. Les responsables chinois distinguaient les émissions nécessaires à la survie des pays pauvres des émissions excessives des pays riches. Un haut négociateur américain concluait que toute voie vers la ratification de Kyoto passait par Pékin, tout en notant le refus ferme de la Chine de s'engager de façon contraignante.
Les documents évoquent aussi une réorganisation de 1998 qui a transféré la compétence climatique chinoise du service météorologique à la commission nationale de planification, et montrent que les provinces tenaient des décisions clés d'infrastructure. Reste à savoir dans quelle mesure ce terrain d'entente privé a réellement pesé sur la politique de chaque camp.
La National Security Agency a communiqué un article de sa revue technique interne plus de neuf ans après le dépôt de la demande. Le texte a été écrit en 1972 par Herbert S. Guy Jr. sous le titre Peut-être que cela tient à la phase de la Lune, et il décrit comment cryptanalystes, analystes du trafic et linguistes ont démonté ensemble un système d'indicatifs d'appel.
La demande a été déposée le 6 août 2017. L'agence a répondu le 25 août 2026. Ce qui est revenu est presque vide: des pages entières sont retenues et seule une partie de la première page peut être lue. La NSA a invoqué une exemption légale qui protège les informations sur ses propres fonctions et activités.
Quel système était étudié, et pourquoi il ne peut toujours pas être décrit 54 ans plus tard, n'est pas indiqué dans le texte diffusé. Le chercheur qui a déposé la demande et publié le document annonce un recours.
Le 18 septembre, le Pentagone a publié le sixième lot de documents du programme PURSUE, lancé en mai 2026 pour rendre publics les dossiers officiels sur les phénomènes anormaux non identifiés. Selon CBS News, ce lot compte 71 fichiers datés de 1952 à 2025, dont 55 documents, 15 vidéos et un enregistrement audio, et 64 d'entre eux sont partiellement caviardés.
L'essentiel concerne AAWSAP, un programme de l'agence de renseignement militaire DIA mené de 2008 à 2012. Un rapport de dépenses chiffre son coût à près de 22 millions de dollars, et 37 études qu'il a produites traitent de sujets comme la propulsion par distorsion, les trous de ver et l'antigravité. Le Pentagone précise qu'il s'agissait d'études de référence qui ne valident pas ces idées. Une étude de 2010 décrit des symptômes médicaux inexpliqués chez trois ingénieurs en antennes.
Parmi les pièces anciennes figurent le film de Tremonton, dans l'Utah, en 1952, montrant une douzaine d'objets brillants que certains analystes ont ensuite attribués à des oiseaux marins, et un enregistrement de 1952 où l'officier Edward Ruppelt dit qu'environ un cinquième des cas restait inexpliqué. Des vidéos récentes du Colorado et du Moyen-Orient restent sans explication.
L'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) a rejeté un recours visant tout document sur Immaculate Constellation, nom d'un programme secret présumé qui, selon certaines affirmations, recueillerait des images de phénomènes anomaux non identifiés. La réponse, obtenue en vertu de la loi sur la liberté d'information par l'archive documentaire The Black Vault, a été rendue publique le 17 septembre 2026.
L'allégation est apparue dans des articles de presse en octobre 2024, et un document attribué à un lanceur d'alerte a été versé au compte rendu officiel du Congrès lors d'une audition de la commission de contrôle de la Chambre sur les UAP, le 13 novembre 2024. Le Pentagone a déclaré publiquement n'avoir aucune trace, actuelle ou passée, d'un programme à accès spécial portant ce nom.
La NSA n'a pas affirmé ne détenir aucun document. Elle a donné une réponse dite Glomar, sans confirmer ni nier l'existence de dossiers, en invoquant des exemptions de la loi pour les informations classifiées et celles protégées par d'autres textes. En appel, elle a maintenu cette position, estimant qu'une simple réponse pourrait révéler des informations classifiées. L'existence du programme, et la détention de documents à son sujet par une agence, restent non confirmées.
Un avis de marche du departement de la Defense, revele le 2 septembre 2026, montre que le bureau charge de la resolution des anomalies multi-domaines s'apprete a payer un abonnement pour acceder a une collection privee de dossiers sur les ovnis. Le fournisseur cite est le National Unidentified Flying Object Historic Records Center, une organisation a but non lucratif du Nouveau-Mexique dirigee par le chercheur David Marler, qui conserve du materiel du projet Blue Book et les papiers personnels de l'astronome J. Allen Hynek.
Le bureau s'interesse surtout aux dossiers anterieurs a 1990, decrits dans l'avis comme des centaines de milliers de cas qui n'existent nulle part ailleurs. Le contrat est prevu pour un an, avec quatre reconductions possibles. Le Pentagone n'a pas donne d'estimation de cout et l'archive n'a pas repondu aux questions de la presse.
Le moteur est legislatif. La loi de defense de 2023 a impose un compte rendu historique complet de l'implication du gouvernement americain dans ces phenomenes depuis 1945, et celle de l'annee suivante a impose la creation d'une collection de dossiers UAP aux Archives nationales. La question ouverte: pourquoi une telle part de cette histoire doit desormais etre rachetee a un detenteur prive.
Le 11 septembre 2026, pour le 25e anniversaire des attentats, une instance d'appel du gouvernement américain a publié des documents de la Commission du 11-Septembre restés classifiés pendant plus de deux décennies. L'Interagency Security Classification Appeals Panel, qui tranche les contestations des décisions de classification, a annoncé cette publication par l'intermédiaire des Archives nationales américaines, clôturant deux recours numérotés 2022-008 et 2023-001.
La publication comporte deux volets. Le premier est une synthèse d'environ 7 000 mots rédigée par l'équipe de la Commission à partir de tous les briefings quotidiens de renseignement au président mentionnant Al-Qaïda, Oussama ben Laden ou l'Afghanistan dans les trois années précédant les attentats. Le second réunit onze mémorandums consignant des entretiens menés par la Commission en 2003 et 2004 avec cinq hauts responsables : Sandy Berger, Richard Clarke, Condoleezza Rice, Michael Scheuer et George Tenet.
Le Public Interest Declassification Board réclamait ces documents depuis près de vingt ans et rappelait encore début septembre qu'ils restaient retenus. Les deux documents sont désormais en ligne sur le site des Archives nationales. Ce que ces notes apportent de nouveau sur les avertissements antérieurs aux attentats, les historiens commencent seulement à l'évaluer.
Pour le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, la CIA a declassifie plus de cent pages de notes quotidiennes au president, couvrant la periode de fevrier 1998 au 12 septembre 2001. Le directeur John Ratcliffe a presente l'operation comme la plus vaste publication d'analyses de l'agence liees au 11 septembre.
Les documents suivent les deplacements d'Oussama ben Laden, son financement et son reseau aux Etats-Unis comme a l'etranger. Une note de septembre 1998 avertissait le president que ses partisans pourraient lancer un avion charge d'explosifs sur une ville americaine. Figure aussi la fameuse note du 6 aout 2001, coiffee d'un avertissement sur la volonte de ben Laden de frapper le territoire americain.
Les analystes repetaient n'avoir aucune information concluante sur la date ou la methode. De nombreuses pages sont fortement caviardees et la publication n'apporte pas de revelation majeure au-dela de ce que les enquetes parlementaires avaient deja etabli. Ce que couvrent les caviardages restants n'est pas public.
Un rapport publié le 3 septembre 2026 par le Government Accountability Office, l'organe de contrôle du Congrès des Etats-Unis, décrit comment le Secret Service a traité une décennie d'incidents de sécurité sans consigner son propre raisonnement.
Entre 2015 et 2025, le service a traité 83 incidents et modifié ses règles de protection à la suite de 25 d'entre eux. Les procédures internes n'obligent pas à écrire pourquoi un incident est jugé insuffisant pour justifier un changement: pour les autres cas, aucune justification n'existe donc sur le papier. Parmi les événements restés sans suite figurent des rencontres avec des drones, dont un appareil qui a touché un cortège présidentiel en 2015 et un autre qui a survolé un meeting électoral.
Le rapport note aussi que huit des 22 règles de protection avaient dépassé le délai obligatoire de révision de quatre ans et qu'un accord entre agences datant de 1991 ne contient aucune disposition sur les drones. Le ministère de la Sécurité intérieure a accepté les trois recommandations.
Un document du département de la défense de la Commission européenne, obtenu par l'organisation de presse Euronews et publié le 17 août 2026, indique que les phénomènes aériens non identifiés sont discutés au sein de l'exécutif de l'Union européenne plutôt qu'écartés. Le texte porte sur des observations du ciel et de l'espace signalées depuis la Malaisie.
Selon cet article, la Commission a déclaré que sa capacité à voir et à identifier de tels objets s'améliore à mesure que progresse la technologie de détection. Elle a proposé aux États membres d'accroître leur capacité à détecter les objets dans l'environnement spatial autour de la Terre, une démarche présentée comme couvrant à la fois les débris orbitaux et les phénomènes non identifiés. Euronews a également consulté une correspondance d'octobre 2022 dans laquelle des astronomes amateurs malaisiens ont envoyé 37 images à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, en demandant ce qu'étaient les objets aperçus près d'avions et de sites militaires.
Beaucoup reste hors de vue. La Commission n'a pas voulu décrire d'échange d'informations avec les États-Unis et a rappelé que les phénomènes non identifiés relèvent des compétences nationales. L'existence d'autres dossiers européens, et ce que montrent réellement les images, n'est pas établie.
Vingt-cinq ans après les attentats, un ensemble central de documents de la commission sur le 11 septembre n'a toujours pas été rendu public. Le Public Interest Declassification Board, organe consultatif rattaché à la Maison Blanche, a exposé la situation dans un texte publié par les Archives nationales des Etats-Unis le 1er septembre 2026.
Deux groupes de documents sont en jeu. Le premier est le résumé d'une note quotidienne au président. Le second réunit des mémorandums pour dossier, c'est-à-dire les comptes rendus des entretiens menés par la commission avec de hauts responsables des administrations Clinton et Bush, parmi lesquels Condoleezza Rice, Samuel Berger, Richard Clarke, Michael Scheuer et George Tenet. Les comptes rendus des entretiens du président Bush et du vice-président Cheney avaient été publiés dès 2022.
Le conseil a écrit au président le 30 juin 2026 pour recommander la levée du secret, et le dossier se trouve désormais devant l'instance interagences d'appel en matière de classification. Le conseil a renoncé à réclamer toutes les notes quotidiennes, jugeant le volume de documents sensibles trop important. Aucune date n'a été annoncée.
Des documents obtenus au titre de la loi sur l'acces a l'information, reveles le 12 juillet 2026, montrent que l'organe du Pentagone charge d'enqueter sur le syndrome de La Havane est appuye par Anomaly 6, une societe de Virginie qui achete en masse des donnees de localisation collectees sur des millions de telephones dans le monde.
Le travail releve d'un contrat de l'armee de l'air appele Project Yellowfin, d'un montant proche de six millions de dollars. Selon le texte du contrat, l'entreprise fournira du renseignement de localisation et produira des visualisations montrant la repartition geographique, la chronologie et les liens entre evenements et acteurs, pour l'equipe interservices chargee des incidents de sante anormaux. En 2022, la meme societe avait demontre sa portee lors d'une presentation commerciale en suivant les telephones d'agents de la CIA et de la NSA entre leur domicile et leur bureau.
Les documents ne disent pas ce que l'equipe cherchait dans ces donnees ni ce qu'elle a trouve. Ni la societe ni l'armee de l'air n'ont repondu. La cause des troubles signales par du personnel americain a l'etranger depuis 2016 reste officiellement inexpliquee.